
Charlotte PERRIAND
Sommaire
- Synthèse des prix du mobilier de Charlotte Perriand
- Cote de Charlotte Perriand : évolution des prix depuis 2021
- Prix des chaises, tabourets et fauteuils de Charlotte Perriand
- Prix des tables, bibliothèques et rangements de Charlotte Perriand
- Le prix d’un meuble de Charlotte Perriand dépend de son lieu d’origine
- Résultats de ventes de Charlotte Perriand chez NEO Enchères
- Identifier un meuble de Charlotte Perriand : marques, éditeurs et détails de fabrication
- Comment authentifier et expertiser un meuble de Charlotte Perriand ?
- Faire estimer un meuble de Charlotte Perriand par nos experts
- Méthodologie d’analyse et sources des données d’estimation présentées
En 2026, un tabouret Berger de Charlotte Perriand vaut entre 4 000 € et 8 000 € aux enchères, pour un prix médian d’environ 5 500 €. Un fauteuil n°21 se vend en général autour de 12 000 €, une table basse autour de 20 000 €, une bibliothèque autour de 90 000 €. Les pièces de commande, bureaux « En forme » et tables « forme libre », peuvent dépasser 500 000 €.
Nos commissaires-priseurs vous communiquent une estimation gratuite sous 48 heures.
Charlotte Perriand (1903-1999) a fait entrer le mobilier moderne dans la vie quotidienne. Associée à Le Corbusier et Pierre Jeanneret de 1927 à 1937, elle cosigne les sièges en tube d’acier de 1928, puis se tourne vers le bois massif, la paille et les formes libres après ses années au Japon et en Indochine, de 1940 à 1946.
Ses meubles ont presque tous été dessinés pour des lieux précis : son chalet de Méribel, les chambres de la Cité universitaire, la cité minière de Cansado en Mauritanie, la station des Arcs en Savoie. Ce lieu d’origine, avec l’éditeur, décide aujourd’hui de leur valeur.

Les repères qui suivent s’appuient sur la base de données constituée et vérifiée par NEO Enchères, et sur l’expérience de notre étude, qui a vendu à Drouot dix-sept lots de Charlotte Perriand depuis 2023, dont une table basse forme libre adjugée 54 600 € frais compris.
Synthèse des prix du mobilier de Charlotte Perriand
Le prix d’un meuble de Charlotte Perriand va de quelques centaines d’euros pour une applique des Arcs à plusieurs centaines de milliers pour un meuble de commande. La moitié des lots se vendent entre 1 600 € et 12 000 €.
| Type de meuble | Prix médian par lot | Record depuis 2021 |
|---|---|---|
| Bibliothèque | 87 500 € | 478 600 € |
| Table basse | 19 500 € | 600 000 € |
| Fauteuil | 12 000 € | 62 400 € |
| Bahut, enfilade, console | 9 800 € | 680 000 € |
| Banquette et banc | 7 000 € | 110 000 € |
| Tabouret Berger | 5 500 € | 40 000 € |
| Chaise (seule ou par lot) | 2 800 € | 60 100 € |
| Applique et luminaire | 1 000 € | 120 000 € |
Les meubles de rangement et les bibliothèques dominent : ce sont des pièces d’architecte, souvent conçues pour une pièce précise, rares et encombrantes. Une bibliothèque se vend en général entre 50 000 € et 200 000 €.
À l’autre bout, les sièges et les tabourets forment le marché le plus actif. Les prix s’entendent par lot : une chaise seule, une paire ou une suite de six selon les ventes.

Cote de Charlotte Perriand : évolution des prix depuis 2021
La cote de Charlotte Perriand s’est nettement corrigée depuis 2022. Un tabouret Berger seul est passé d’environ 7 500 € à 3 800 € en 2024, avant de remonter à 4 800 € en 2026.

Le tabouret Berger sert de baromètre : modèle simple, très diffusé, vendu presque toujours à l’unité. Sa baisse reflète celle de tout le mobilier courant, après les sommets atteints au lendemain de la rétrospective de la Fondation Louis Vuitton, en 2019-2020.
Les pièces exceptionnelles, elles, n’ont pas décroché : les bibliothèques de la Cité universitaire et les bahuts de commande dépassent toujours 200 000 €.

Un marché qui achète, mais qui choisit
Près d’un lot sur deux dépasse son estimation haute, mais un sur cinq reste invendu. Les acheteurs se battent pour les modèles bien identifiés et boudent les pièces mal documentées.
La France concentre six ventes sur dix, devant les États-Unis et la Belgique. Une pièce présentée à Paris touche directement les collectionneurs qui font ce marché.
Prix des chaises, tabourets et fauteuils de Charlotte Perriand
Le tabouret Berger
Un tabouret Berger seul se vend entre 4 000 € et 8 200 €, autour de 5 000 €. Le Berger bas, d’environ 27 cm, vaut un peu plus que le Berger haut : 5 200 € contre 4 600 €.
Assise ronde épaisse, légèrement creusée, trois pieds fuselés : le modèle a été produit en frêne, en noyer, en acajou, en pin. Le noyer se vend un peu mieux, autour de 6 000 €.

Les chaises n°19 « Bauche » et « Méribel »
Un lot de chaises n°19, dites Bauche, se vend autour de 3 800 €, un lot de chaises Méribel autour de 5 900 €. Les suites de six, en bon état et paillées d’origine, montent bien plus haut.
Dossier et assise en paille, structure en frêne à pieds cylindriques et doubles entretoises : ces chaises ont été éditées par Steph Simon. Notre étude a adjugé une suite de six chaises n°19 à 9 100 € frais compris.

Le fauteuil n°21 « Chamrousse »
Un fauteuil n°21, dit Chamrousse, se vend autour de 12 000 €. C’est le siège le plus recherché de Perriand en frêne et paille.

Les sièges des Arcs et les sièges en tube
Les chaises des Arcs se vendent autour de 1 200 €, les autres tabourets, Massue ou modèles des Arcs, en général entre 1 000 € et 3 600 €. Les sièges en tube d’acier de 1928, LC2 ou LC4, circulent surtout en éditions Cassina et se négocient à quelques milliers d’euros.
Prix des tables, bibliothèques et rangements de Charlotte Perriand
Tables basses et tables « forme libre »
Une table basse de Charlotte Perriand se vend en général entre 4 500 € et 48 500 €. Les tables à plateau de forme libre se vendent autour de 48 000 € ; la plus spectaculaire, une table dite Feuille de 1953, a fait 600 000 €.
Les bureaux « En forme » et les grandes tables à manger « à gorge », commandes particulières des années 1940 et 1950, se vendent de 130 000 € à près de 600 000 €.
Les bibliothèques
Une bibliothèque de Charlotte Perriand se vend autour de 87 500 €. Les modèles conçus pour la Cité universitaire valent le plus : Mexique autour de 165 000 €, Tunisie autour de 140 000 €.
Les bibliothèques à plots et les Nuage d’époque, éditées par Steph Simon, se vendent autour de 50 000 € à 65 000 €. Une Nuage rééditée par Cassina depuis 2012 ne vaut que 8 000 € environ.
Bahuts, enfilades et banquettes
Une enfilade Cansado se vend autour de 10 500 €, une banquette à lattes autour de 7 000 €. Les bahuts de forme libre et les consoles de la Maison de la Tunisie dépassent 200 000 €.

Appliques et luminaires
Une applique CP-1, à volet pivotant, se vend autour de 1 500 € l’unité ou le lot. Les grandes potences pivotantes de commande, rarissimes, ont dépassé 115 000 €.
Le prix d’un meuble de Charlotte Perriand dépend de son lieu d’origine
Pour un meuble de Perriand, la première question est : pour quel lieu a-t-il été fait ? Un même type de meuble vaut de 1 800 € s’il vient des Arcs à plus de 110 000 € s’il vient de la Cité universitaire.

La Cité universitaire de Paris (1952-1953)
Les meubles conçus pour les chambres de la Maison du Mexique et de la Maison de la Tunisie se vendent autour de 115 000 €. Bibliothèques à casiers colorés et consoles y ont été réalisées en petite série, avec les Ateliers Jean Prouvé pour les éléments en métal.
Les catalogues précisent souvent le numéro de la chambre d’origine, « chambre n° 27 », « chambre n° 5 » : c’est une provenance que les acheteurs recherchent.
Le Japon et le Brésil
Les pièces liées aux séjours de Perriand au Japon se vendent autour de 16 000 €, celles du Brésil autour de 12 500 €. Les commandes pour l’appartement de Jacques Martin, son mari, à Tokyo ou à Rio sont les plus recherchées.
Cansado, en Mauritanie (vers 1958)
Le mobilier de la cité minière de Cansado, réalisé pour la société Miferma, se vend autour de 9 500 €. Enfilades, banquettes à lattes d’acajou, bibliothèques Nuage : c’est l’un des ensembles les plus présents en vente.
Méribel
Les modèles Méribel, nés des chantiers de Perriand dans cette station de Savoie, où elle travaille dès la fin des années 1940 et construit son propre chalet, se vendent autour de 5 000 €. Chaises et tabourets paillés à pieds rondins y dominent.

Les Arcs (1967-1989)
Le mobilier des Arcs est le plus abordable : autour de 1 800 €, entre 850 € et 3 600 € en général. Produit en grande série pour les appartements de la station, en pin et en métal laqué, il circule beaucoup.
Les pièces signatures, consoles-bancs ou grandes banquettes des résidences d’Arc 1600, dépassent 25 000 €. Les tables « monte et baisse » d’Arc 1800, réglables par vérin, se vendent quelques centaines d’euros : notre étude en a adjugé une à 715 € et une autre à 650 €.

Résultats de ventes de Charlotte Perriand chez NEO Enchères
Depuis 2023, NEO Enchères a adjugé dix-sept lots de Charlotte Perriand, de la table basse forme libre à 54 600 € aux tables monte et baisse des Arcs. Sept d’entre eux ont dépassé leur estimation haute.
Une table basse de Casablanca à 54 600 €
La table basse forme libre vendue en mars 2025 meublait en 1959 le salon d’une famille installée à Casablanca ; une photographie d’époque accompagnait le lot. Estimée 20 000 à 30 000 €, elle a été adjugée 54 600 € frais compris.
La même collection comprenait deux tabourets Berger et des sièges Méribel achetés chez Steph Simon le 29 décembre 1972, avec leur facture d’origine. Les deux tabourets ont dépassé leur estimation haute.
Identifier un meuble de Charlotte Perriand : marques, éditeurs et détails de fabrication
Un meuble de Charlotte Perriand ne porte presque jamais de signature. Son identification repose sur l’éditeur, les détails de construction et la provenance, bien plus que sur une marque.
Les éditeurs et leurs marques
De 1956 à 1974, l’éditeur principal est la galerie Steph Simon, dont les meubles sont rarement marqués ; la facture ou l’étiquette de la galerie fait alors foi. Avant elle, on rencontre L’Équipement de la Maison, dont le tampon à l’encre « L’E.M. » figure parfois sous un caisson, ainsi que Sentou et les Ateliers Jean Prouvé pour les éléments métalliques.
Les éditions Cassina portent au contraire une estampille et un numéro de série frappé sur la structure, comme « LC4 15649 » sur une chaise longue. Les appliques CP-1 et les lampes Infraphil de Philips portent l’étiquette du fabricant.
Les détails de construction
Sur les tables à épais plateau de frêne, Perriand dissimule les tiges filetées sous des caches circulaires et rythme la tranche de fausses languettes. Les pieds en tôle d’acier pliée et soudée, laquée noir, sont vissés sous le plateau par une platine.


Sur un tabouret Berger, les trois pieds fuselés sont emmanchés sous une assise épaisse et légèrement creusée. Le bois a pris une patine profonde avec le temps ; un bois clair, uniforme, sans usure, doit alerter.

Les provenances qui comptent
Une facture Steph Simon, une photographie d’époque, un inventaire de résidence des Arcs, la mention d’une chambre de la Cité universitaire : chaque document qui relie le meuble à son lieu d’origine en augmente la valeur.
Comment authentifier et expertiser un meuble de Charlotte Perriand ?
Il n’existe pas de comité qui délivre des certificats pour le mobilier de Charlotte Perriand. La référence est « Charlotte Perriand, l’œuvre complète » de Jacques Barsac, publiée en quatre volumes chez Norma, qui documente chaque modèle et chaque projet.
Rapprocher le meuble d’un modèle documenté
L’expert compare dimensions, essence, assemblages et quincaillerie avec les modèles publiés. Les catalogues de vente citent le volume et la page où figure un modèle similaire : c’est la base de toute attribution sérieuse.
Les pièges du marché
Les rééditions Cassina. Depuis 2004, Cassina réédite de nombreux modèles de Perriand, du fauteuil en tube aux bibliothèques Nuage. Estampillées et numérotées, elles sont authentiques en tant qu’éditions mais valent une fraction des pièces d’époque.
Les attributions. Le mobilier des Arcs et de nombreux meubles paillés des années 1950 ont été copiés ou produits par d’autres fabricants. Une mention « attribué à » ou « dans le goût de » fait nettement baisser le prix.
Les restaurations. Lattes changées, piètement relaqué, paille refaite : ces interventions sont fréquentes et doivent être signalées. Elles pèsent sur le prix sans le ruiner si le meuble est bien documenté.
Faire estimer un meuble de Charlotte Perriand par nos experts
Vous possédez un tabouret, des chaises, une table ou une bibliothèque de Charlotte Perriand ? Notre étude vend régulièrement son mobilier à Drouot et sait reconnaître une pièce d’époque d’une réédition.
Une estimation gratuite en ligne, simple et rapide
Remplissez notre formulaire d’estimation gratuite 👉 en joignant :
- une photographie d’ensemble du meuble, de face et de trois quarts ;
- des photographies du dessous et des assemblages : pieds, platines, caisson, étiquette ou tampon éventuel ;
- les dimensions et l’essence de bois si vous la connaissez ;
- tout document de provenance : facture Steph Simon, photographie d’époque, lieu d’origine (Méribel, Les Arcs, Cité universitaire, Cansado).
Un commissaire-priseur vous répond sous 48 heures, avec une fourchette fondée sur les résultats réels du marché, sans engagement.
Une expertise physique dans nos bureaux si nécessaire
Un meuble de Perriand se juge de près : essence, patine, assemblages, état de la paille. Nous vous recevons sur rendez-vous dans nos bureaux, 6 rue Bargue, Paris 15e, et nous nous déplaçons en région, notamment en Savoie et dans les Alpes, pour les chalets et les appartements à vider.
En vue d’une vente, nous gérons toute la logistique
Enlèvement et transport du mobilier, assurance, rapport de condition, recherches de provenance, photographies professionnelles, catalogage avec les références bibliographiques et vente à Drouot : l’étude prend chaque étape en charge.
Méthodologie d’analyse et sources des données d’estimation présentées
Pour Charlotte Perriand, nous avons analysé 1 558 ventes publiques d’octobre 2021 à octobre 2026, dont 1 204 adjudications : sièges, tables, rangements, bibliothèques et luminaires. Les prix s’entendent par lot, qu’il s’agisse d’un meuble seul, d’une paire ou d’une suite.
Sont exclus les invendus, les attributions incertaines (« attribué à », « dans le goût de »), les copies et les doublons ; les ventes hors zone euro sont converties en euros au cours du jour. Le prix médian est celui au-dessus et au-dessous duquel se sont vendus la moitié des lots comparables. Les prix sont des prix marteau, hors frais ; les résultats de NEO Enchères sont donnés frais compris. Ces repères restent indicatifs : modèle, édition, provenance, état et nombre de pièces peuvent placer un lot au-dessus ou au-dessous des fourchettes publiées. Pour connaître la valeur du vôtre, demandez une estimation gratuite.


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