Carafe Rémy Martin Louis XIII présentée dans son coffret rouge ouvert

Estimation vins et spiritueux

Chez NEO Enchères, l’estimation de vins et spiritueux est l’une de nos spécialités : grands crus de Bordeaux et de Bourgogne, champagnes de prestige, Chartreuse anciennes, whiskies, cognacs, armagnacs et rhums vieux sont expertisés par nos commissaires-priseurs et vendus à Drouot ou dans nos salles.

Faire estimer vos vins et spiritueux par nos experts

Vous avez hérité d’une cave, retrouvé quelques bouteilles de grands crus ou une Chartreuse ancienne au fond d’un placard ? NEO Enchères propose un service d’estimation gratuite de vins et spiritueux à partir de photos. Chaque demande est examinée sous 48h par nos commissaires-priseurs, assistés d’un expert spécialisé en vins et spiritueux pour les caves importantes et les bouteilles rares. Pour une cave complète, nous nous déplaçons et dressons l’inventaire sur place (voir plus bas).

Notre méthode pour expertiser une cave à distance

Envoyez vos photos
Étiquettes, niveaux, caisses ou coffrets, via notre formulaire en ligne

Nos commissaires-priseurs et notre expert examinent vos bouteilles
Producteur, millésime, niveau, habillage, format

Vous recevez un avis d’expertise
Sous 48h, par email ou téléphone, en toute confidentialité.

L’estimation d’une bouteille ne se résume pas à la lecture de l’étiquette. Nous vérifions d’abord ce qui ne se rattrape pas : le niveau du liquide, l’état du bouchon et de la capsule, les traces de coulure. Nous identifions ensuite le producteur, l’appellation, le classement et le millésime, puis le format et la présence d’une caisse bois d’origine. Pour les spiritueux, la période de production (une Chartreuse de Tarragone ne vaut pas une mise récente de Voiron), le titrage et l’édition font l’essentiel de la valeur. Ces éléments sont confrontés à la base de résultats constituée par NEO Enchères pour vous remettre une fourchette argumentée.

Conseils pour faciliter l’estimation de vos vins et spiritueux

Photos à nous transmettre pour expertiser vos bouteilles

Pour une bouteille comme pour une cave entière, trois prises de vue suffisent à établir une première estimation sérieuse. Le niveau, en particulier, ne peut pas être deviné : il doit se voir sur la photo.

1) Les 3 vues essentielles

2) Détails complémentaires (si présents)

Inventaire de la cave :
Pour plusieurs bouteilles, une liste (producteur, millésime, nombre de bouteilles, format) vaut mieux que cinquante photos.

Conditions de conservation :

  • cave enterrée, cave d’appartement ou armoire à vin ;
  • bouteilles couchées ou debout, depuis combien de temps ;
  • date et lieu d’achat si vous les connaissez (primeur, caviste, château).

État :
bouchons enfoncés ou soulevés, capsules bombées, traces de coulure, étiquettes décollées ou moisies : signalez-les, ils font partie de l’estimation.

Formats :
demi-bouteille, bouteille, magnum, jéroboam, pot gascon pour l’armagnac : la contenance est souvent gravée au bas du verre.

✅ À faire

  • Photographier chaque bouteille de valeur individuellement (grands crus, Chartreuse, whiskies âgés) et les autres par groupe.
  • Montrer les caisses bois d’origine fermées puis ouvertes, avec leur marquage.
  • Noter le niveau en centimètres sous la capsule pour les bourgognes et les spiritueux, si vous avez un mètre sous la main.

⛔ À éviter

  • Ouvrir une bouteille « pour vérifier » : un flacon entamé n’a plus de valeur en vente publique.
  • Remonter les bouteilles d’une cave fraîche dans une pièce chauffée plusieurs semaines avant l’expertise.
  • Recoller une étiquette, remplacer une capsule ou refaire une cire : toute intervention doit être signalée, jamais dissimulée.

3) Joindre votre documentation (si vous en avez)

Factures et bons de livraison :
Achats en primeur, factures de caviste ou de négociant : ils datent l’entrée en cave et rassurent les acheteurs.

Livre de cave :
Un carnet tenu au fil des années, même manuscrit, documente la provenance et les conditions de garde.

Caisses, coffrets et livrets d’origine : Une caisse bois d’origine, un coffret de whisky avec son livret ou une valisette de cognac se vendent avec la bouteille et soutiennent le prix.

Notes de provenance : Cave familiale, achat direct au domaine, collection constituée sur plusieurs décennies : ces éléments figurent au catalogue.

Formats conseillés : JPG/PNG. Poids max par photo : 10 Mo. WeTransfer recommandé pour une cave complète.

Inventaire de cave : estimation sur place pour succession, partage ou assurance

L’inventaire d’une cave consiste à recenser chaque bouteille, en relever l’état et lui attribuer une valeur, sur place, dans un document daté et signé. NEO Enchères réalise régulièrement ces inventaires à Paris et en région pour des successions, des partages, des contrats d’assurance ou avant une vente. C’est le passage obligé dès qu’une cave dépasse quelques dizaines de bouteilles : les photos ne suffisent plus, et le tri entre ce qui se vend à l’unité, en caisse ou par lots ne peut se faire qu’en manipulant les bouteilles.

Le commissaire-priseur se déplace avec l’expert. Chaque bouteille est identifiée (producteur, appellation, millésime, format), son niveau est relevé (échelle bordelaise ou centimètres sous la capsule), les défauts sont notés : bouchons engagés, capsules abîmées, coulures, étiquettes illisibles, caisses ouvertes ou incomplètes. Les bouteilles sans étiquette, entamées ou au niveau basse épaule sont écartées ou mentionnées « en l’état ». Le tout est remis sous forme d’un procès-verbal d’inventaire chiffré, utilisable par le notaire, l’assureur ou les héritiers.

Quand demander un inventaire de cave ?

  • Succession : la cave fait partie de l’actif ; l’inventaire fixe une valeur par lot et évite les contestations entre héritiers.
  • Partage ou divorce : la répartition se fait sur des lots équivalents, décrits et chiffrés.
  • Assurance : les assureurs demandent un inventaire daté et chiffré pour couvrir une cave au-delà des plafonds du contrat habitation.
  • Déménagement ou vente d’un bien : la cave ne suit pas toujours ; l’inventaire prépare le transport ou la mise en vente.
  • Vente aux enchères : l’inventaire devient le catalogue ; les bouteilles de valeur partent à l’unité, les caisses d’origine entières, les vins courants par lots.

Une cave vaut rarement la somme de ses bouteilles prises une à une. Les grands formats, les caisses bois d’origine complètes et les millésimes anciens de domaines recherchés concentrent l’essentiel de la valeur ; les vins courants se vendent par lots de 12 à plusieurs centaines de bouteilles. Sur le marché des enchères, les très gros lots se négocient entre 4 et 50 € la bouteille selon l’appellation et le millésime : 240 bouteilles de Châteauneuf-du-Pape Clos des Papes 2020 à 11 550 € (48 € la bouteille), 384 bouteilles de Châteauneuf-du-Pape d’un domaine moins recherché à 9 900 € (26 €), une palette de 576 Côtes-du-Rhône de négoce à 2 300-2 520 € (4 €), selon la base de données NEO Enchères (prix marteau). Chez NEO Enchères, une caisse de 12 crus bourgeois de 1985 s’est vendue entre 52 et 130 € frais compris.

L’inventaire distingue donc trois niveaux : ce qui mérite une fiche individuelle (une bouteille de Pétrus, une Chartreuse ancienne, un whisky en coffret), ce qui se vend en caisse (grands crus classés jeunes, champagnes de prestige), et ce qui se regroupe (crus bourgeois, vins de pays, bouteilles dépareillées). C’est cette hiérarchie qui fait la différence entre une cave bien vendue et une cave bradée.

Quels critères permettent d’estimer la valeur d’un vin ou d’un spiritueux ?

Deux bouteilles portant la même étiquette peuvent valoir du simple au triple. Voici ce que nos commissaires-priseurs regardent, dans l’ordre, avec les écarts de prix réellement constatés dans nos ventes.

Étiquette numérotée d’une bouteille de La Tâche Grand Cru Domaine de la Romanée-Conti 2000 vendue par NEO Enchères
La Tâche Grand Cru, Domaine de la Romanée-Conti, 2000 : bouteille numérotée 19038 sur 24 867, adjugée 4 160 € frais compris chez NEO Enchères.
1. Le niveau : le critère qui fait basculer la valeur

Le niveau est le premier critère de valeur d’un vin ancien, avant même le nom du domaine. Il traduit l’étanchéité du bouchon et donc la conservation du vin. Pour les bordeaux, on le décrit par rapport à l’épaule de la bouteille ; pour les bourgognes et les spiritueux, en centimètres sous la capsule.

Échelle bordelaise (bouteille à épaules) :

  • Bas goulot (BG) : niveau normal pour un vin de plus de dix ans.
  • Très légèrement bas (TLB) : acceptable jusqu’à trente ans environ.
  • Haute épaule (HE) : tolérée sur les millésimes anciens, décote sur les jeunes.
  • Mi-épaule (ME) et basse épaule (BE) : risque d’altération, prix fortement réduit, vente « en l’état ».

Échelle bourguignonne (bouteille à épaules tombantes) : un niveau à 2 ou 3 cm sous la capsule est normal pour un vin de cinquante ans ; au-delà de 5 cm, le marché décroche.

L’exemple le plus parlant vient de nos propres ventes. Plusieurs bouteilles de Chambertin Grand Cru 1973 du Domaine Armand Rousseau ont été présentées dans nos ventes avec des niveaux différents :

Niveau sous la capsuleÉtat de l’habillageAdjudication (frais compris)
2,7 cmCapsule et étiquette légèrement sales2 080 €
2,8 cmÉtiquette avec quelques déchirures1 950 €
4,1 cmÉtiquette tachée, petite déchirure1 170 €
6 cmCapsule abîmée, étiquette tachée676 €

Même vin, même millésime, même domaine, mêmes ventes : trois centimètres de niveau en moins divisent le prix par trois. Le phénomène se retrouve sur les Charmes-Chambertin 1973 du même domaine (715 € à 2,9 et 3,2 cm, 338 € à 5,5 cm) et sur les spiritueux : une Chartreuse Jaune de Voiron 1956-1964 s’est vendue 754 € avec un niveau à 5,7 cm, 520 € avec un niveau à 8 cm et un bouchon engagé.

Chartreuse Jaune Voiron 1956-1964 au bouchon engagé et niveau bas, exemple de défaut de conservation
Chartreuse Jaune de Voiron 1956-1964, bouchon engagé et niveau à 8 cm sous la capsule : adjugée 520 € frais compris, contre 754 € pour deux bouteilles identiques aux niveaux de 5,7 et 6,1 cm.

👉 Conseil : photographiez toujours la bouteille debout devant un fond clair ; c’est la seule photo qui nous permet de lire le niveau sans la manipuler.

2. Capsule, bouchon, étiquette : ce que dit l’habillage

La capsule, le bouchon et l’étiquette racontent l’histoire de la bouteille. Un bouchon engagé (qui remonte dans le goulot) signale une bouteille qui a eu chaud ; une capsule bombée ou incurvée indique une pression ou une évaporation ; une trace de coulure ancienne prouve qu’il y a eu fuite. Nous décrivons chacun de ces défauts au catalogue, et le prix s’en ressent.

À l’inverse, une étiquette sale, tachée de rouge ou fanée n’est pas rédhibitoire sur un vin ancien : c’est la marque d’une cave humide, donc d’une bonne conservation. La Tâche 2000 adjugée 4 160 € portait une étiquette « légèrement sale avec de petites taches rouges ». Un Pétrus 1982 avec une infime déchirure d’étiquette s’est vendu 2 210 €.

Le reconditionnement par le château est un cas à part. Notre lot de quatre bouteilles de Château Lafite Rothschild 1928, 1934, 1937 et 1949, rebouchées par le maître de chai du château en 1988 et 1991, a été adjugé 3 900 € frais compris : le rebouchage documenté rassure, alors qu’un rebouchage anonyme inquiète.

Pour les spiritueux anciens, la cire (éclats, manques), le cartouche en relief sur le verre et les mentions d’importateur sont des éléments de datation et d’authentification. Une Chartreuse Jaune de Tarragone 1904-1930 présentée sans cire, bouchon apparent, mais avec son cartouche « CAR » et son étiquette d’époque, a atteint 4 160 €.

3. Le producteur, l’appellation et le classement

Le producteur et le classement fixent l’ordre de grandeur. Dans nos ventes, une bouteille de premier grand cru classé de Bordeaux des années 1970-1990 se négocie le plus souvent entre 270 et 400 € (Château Lafite Rothschild 1993 : 325 € ; Château Latour 1976 : 312 € ; Château Cheval Blanc 1971 : 390 € ; Château Mouton Rothschild 1993 : 273 €, frais compris). Les seconds vins et crus bourgeois des mêmes années se vendent par caisse de douze pour 50 à 130 €.

En Bourgogne, l’écart entre domaines est encore plus marqué. Le Domaine de la Romanée-Conti occupe le sommet : Richebourg et Romanée-Saint-Vivant 2000 adjugés 2 600 € la bouteille, La Tâche 2000 4 160 €. Le Domaine Armand Rousseau suit (Chambertin 1973 jusqu’à 2 080 €, Clos de la Roche 1977 650 à 663 €). Un grand cru d’un producteur moins recherché se situe entre 45 et 80 € la bouteille. Sur le marché, la Romanée-Conti elle-même se négocie le plus souvent entre 5 200 et 10 000 € la bouteille (millésimes 1974 à 1998, prix marteau), et un Richebourg 1978 d’Henri Jayer a atteint 27 300 €.

Pétrus reste la signature la plus demandée du Libournais : 1982 à 2 210 €, 1987 à 1 365 €, 1986 avec étiquette usée et niveau bas goulot à 1 066 €. Château d’Yquem se tient entre 260 et 325 € pour les millésimes 1982 à 1995 en bouteille, 130 € en demi-bouteille.

Les numéros de bouteille comptent pour les domaines qui numérotent : nos bouteilles du Domaine de la Romanée-Conti 2000 portaient les numéros 19038 sur 24 867 (La Tâche), 9972 sur 12 955 (Romanée-Saint-Vivant) et 11843 sur 15 537 (Richebourg), vérifiés avant la vente.

4. Le millésime et l’âge

Un grand millésime dans un grand cru se paie ; un millésime faible dans le même château se vend au prix d’une bonne bouteille. Pétrus 1982 (2 210 €) vaut le double de Pétrus 1986 (1 066 €) dans nos ventes, pour un état comparable.

L’âge seul ne fait pas la valeur. Un Château Lynch Bages 1945 dont le millésime n’était plus lisible que sur le bouchon, niveau mi-épaule et étiquette dégradée, s’est vendu 169 € ; un Château Léoville Las Cases 1955 mi-épaule, 130 €. Ces bouteilles ont un intérêt de collection, plus que de dégustation.

Pour les spiritueux, le millésime ou la période de mise sont déterminants : un pot gascon de Bas-Armagnac Laberdolive 1911 a été adjugé 2 015 €, un cognac Grande Fine Champagne 1825-1830 (lot de trois bouteilles anciennes) 2 340 €, un cognac Impériale 1870 585 €, alors qu’un cognac de négoce courant (VS, VSOP, XO) se vend entre 26 et 110 € la bouteille. Sur le marché, les cognacs millésimés du XIXe siècle se tiennent entre 1 800 et 2 700 € la bouteille (prix marteau, 52 lots), avec des pointes à 5 460 € pour un 1811 et 7 000 € pour un 1793.

5. Format, contenance et caisse d’origine

Le contenant fait partie de la valeur. Une bouteille standard contient 75 cl ; les grands formats sont rares parce que les domaines en produisent peu, et ils vieillissent plus lentement. Le marché les paie donc au-delà de la simple multiplication : selon la base de données NEO Enchères, un magnum de Château Cheval Blanc 1947 a atteint 7 900 € (prix marteau), un jéroboam de 5 litres de Château Lafite Rothschild 1945 6 500 €, un double magnum d’Ornellaia « Vendemmia d’Artista » 2011 32 000 €, et un coffret « Carré d’As » 2000 de quatre doubles magnums (Latour, Margaux, Haut-Brion et Pétrus) 25 000 €. Le même Cheval Blanc 1947 en bouteille s’est vendu 2 600 € : le magnum a rapporté trois fois plus.

FormatContenanceCe qu’il faut savoir
Demi-bouteille37,5 clSe vend à la moitié du prix de la bouteille, rarement plus (Yquem 1999 : 130 € chez NEO Enchères). Vieillit plus vite.
Bouteille75 clLe format de référence de toutes les cotes.
Magnum150 clFormat le plus recherché des collectionneurs après la bouteille ; prime sur les grands millésimes et les caisses de six.
Double magnum / jéroboam300 cl (500 cl pour le jéroboam bordelais)Rare, réservé aux grands crus et aux cuvées d’artiste ; se vend à l’unité avec sa caisse. Jéroboam de Chartreuse Épiscopale (3 L, n° 14/50) : 2 600 € chez NEO Enchères.
Mathusalem, impériale et au-delà600 cl et plusPièces de collection, quelques ventes par an ; estimation au cas par cas.
Pot gascon (armagnac)250 clFlacon traditionnel du Bas-Armagnac ; contenance gravée au bas du verre. Laberdolive 1911 : 2 015 € chez NEO Enchères.
Litre (Chartreuse VEP, anciennes mises)100 clLes Chartreuse anciennes existent en 50, 70, 75 et 100 cl ; la contenance participe à la datation.

La caisse bois d’origine (CBO, ou OWC dans les catalogues anglo-saxons) est le second multiplicateur. Une caisse complète, non ouverte ou scellée, prouve que les bouteilles n’ont pas été manipulées et se vend d’un bloc : douze bouteilles de Château L’Angélus 1985 en caisse d’origine ont été adjugées 1 820 € chez NEO Enchères ; six magnums du même vin en caisse, 1 755 € ; trois magnums hors caisse, 1 170 €. Sur le marché, douze bouteilles de Château Lafite Rothschild 1990 en caisse d’origine ont atteint 7 700 € (prix marteau), six Pétrus 2004 en caisse 12 400 €.

À l’inverse, le prix d’une caisse n’est pas douze fois celui d’une bouteille pour les vins courants. Les caisses de douze de Château La Tour de Mons ou de Château Larose-Trintaudon 1985 se sont vendues 52 à 130 € la caisse chez NEO Enchères, soit 4 à 11 € la bouteille, et plusieurs sont restées invendues. Les vins jeunes en caisse d’origine se tiennent mieux : Château La Lagune 2019 (12 bouteilles) 481 €, Château La Gaffelière 2021 (6 bouteilles) 455 €, Château Beychevelle 2021 (6 bouteilles) 364 €.

Pour les spiritueux, le coffret d’origine joue le même rôle : coffret bois et livret du Macallan 1940, valisette rouge du Louis XIII, étuis des whiskies japonais, coffret bois des Chartreuse VEP. Un coffret manquant ou abîmé se lit immédiatement dans le prix.

6. Spiritueux : période, distillerie, édition

Pour les spiritueux, la période de production remplace le millésime. La Chartreuse en est l’exemple type : plus la période est ancienne, plus la bouteille vaut cher, avec un marché qui distingue les mises du monastère (1840-1869), de Fourvoirie (1869-1903), de Tarragone (à partir de 1904) et de Voiron, puis les productions récentes d’Aiguenoire. Sur le marché, une Chartreuse de 1840-1869 s’est vendue jusqu’à 30 500 € (prix marteau), une Fourvoirie 1878-1903 entre 4 250 et 7 250 € le plus souvent, une Tarragone 1904-1930 entre 3 300 et 6 500 €. Nos propres résultats se placent dans ces fourchettes :

ChartreusePériodeAdjudication (frais compris)
Chartreuse Jaune, Tarragone1904-19304 160 €
Chartreuse Verte « El Cumbre », Tarragone1951-19592 470 €
Chartreuse Jaune1941-19512 405 €
Chartreuse Verte « La Fabiola », Tarragone1966-1973780 €
Chartreuse Jaune, Voiron1956-1964520 à 754 €
Chartreuse VEP (jaune ou verte), coffret boismises 1964 à 2000520 à 1 495 €
Chartreuse Orange, Liqueur du 9e Centenairemises récentes84 à 260 €

Les repères de datation sont concrets : cartouche en relief « GDE CHARTREUSE » surmonté du globe crucifère, mention des Pères Chartreux, double étiquette 1869-1904 avec surcharge, absence de titrage sur les mises anciennes, contenance 70 cl ou 75 cl. Nous les vérifions un à un.

Pour le whisky, la distillerie, l’âge et l’édition font le prix. Sur le marché, les Macallan anciens se négocient le plus souvent entre 3 800 et 5 000 € la bouteille (prix marteau), avec des pointes à 28 000 € pour un 25 ans et 86 800 € pour l’Anniversary Malt 50 ans ; les whiskies japonais de collection (Karuizawa, Yamazaki 1984) entre 3 900 et 5 100 €, jusqu’à 12 400 €. Chez NEO Enchères, un Macallan « Handwritten Label » distillé en 1940 et mis en bouteille en 1981, en coffret bois avec son livret, a été adjugé 5 460 €. Les whiskies japonais se placent entre 91 € (Hakushu 12 ans) et 910 € (Hibiki 21 ans) ; les éditions limitées numérotées (Chichibu Paris Edition, 1 833 bouteilles) autour de 520 €. Ce marché est devenu sélectif : les références courantes ne partent qu’à des estimations mesurées (Hakushu 12 ans : 91 à 104 €), quand les 17 et 21 ans et les mises numérotées tiennent leur prix. Les cuvées de prestige de cognac ont aussi leur marché : Rémy Martin Louis XIII en carafe de cristal Saint-Louis et valisette d’origine, 2 080 €.

Les rhums agricoles anciens sont recherchés : La Favorite « Cuvée de la Flibuste » 33 ans 910 €, J. Bally 1970 533 €, Saint-James ancien 325 €. Pour l’armagnac, le pot gascon millésimé (Laberdolive 1911, 2 015 €) se distingue nettement des bouteilles courantes (39 à 52 €).

Pot gascon de Bas-Armagnac Laberdolive 1911 vendu aux enchères par NEO Enchères
Pot gascon (2,5 litres) de Bas-Armagnac Laberdolive, vignobles de Jauffrey, 1911 : niveau à 8 cm sous la capsule, étiquette et collerette sales, adjugé 2 015 € frais compris.

👉 Conseil : pour une Chartreuse ou un whisky ancien, photographiez le cartouche du verre, le dos de l’étiquette et le dessous de la bouteille : c’est là que se lisent la période et la contenance.

7. Provenance et conditions de conservation

Une cave unique, conservée sur place depuis l’achat, se vend mieux qu’un assemblage de bouteilles d’origines diverses. Nous le mentionnons au catalogue : « collection privée d’un particulier, conservation en cave » a accompagné notre ensemble de champagnes (Krug Clos du Mesnil 1988 adjugé 1 638 €, Dom Pérignon 1985 520 €, Krug Grande Cuvée et Krug Rosé 325 € chacun).

Les bouteilles achetées par une société peuvent être vendues TVA incluse et récupérable pour les acheteurs assujettis, ce que nous indiquons au catalogue : c’est un argument pour les professionnels et les restaurateurs.

Les conditions de garde sont l’autre volet : une cave enterrée à température stable préserve les niveaux, une armoire d’appartement ou un placard les fait baisser. Nous posons systématiquement la question, et le niveau constaté la confirme ou l’infirme.

8. Les ventes comparables et la justesse de l’estimation

Nos estimations s’appuient sur les adjudications observées pour le même vin, le même millésime et un niveau comparable. Le marché tranche vite : une bouteille estimée trop haut ne trouve pas preneur, la même bouteille présentée avec une estimation ajustée se vend.

Nous l’avons constaté sur nos propres lots. Un Richebourg 2000 du Domaine de la Romanée-Conti, invendu à 2 800-3 200 €, a été adjugé 2 600 € à l’estimation suivante de 2 000-2 800 €. Le Macallan 1940, retiré à 6 000-8 000 €, s’est vendu 5 460 € présenté à 4 500-5 500 €. Un Pétrus 1986 à l’étiquette abîmée, invendu à 1 200-1 500 € puis à 1 000-1 200 €, a été adjugé 1 066 € estimé 800-1 200 €.

La bonne estimation est celle qui déclenche les enchères. Nos meilleures surprises viennent d’estimations prudentes : Chambertin Rousseau 1973 estimé 500-1 000 € et vendu 2 080 €, Chartreuse Jaune 1941-1951 estimée 800-1 000 € et adjugée 2 405 €, Charmes-Chambertin 1973 estimé 200-300 € et vendu 715 €.

Cote 2026 du marché des vins et spiritueux

Sur le marché des enchères, une Chartreuse antérieure à 1903 se vend le plus souvent entre 4 250 et 7 250 € la bouteille, un Macallan ancien entre 3 800 et 5 000 €, un Pétrus des années 1980-1990 entre 1 800 et 2 950 €, et une bouteille de premier grand cru classé de Bordeaux des années 1980 entre 200 et 770 €, selon la base de données constituée et vérifiée par NEO Enchères (prix marteau, hors frais, ventes 2013-2026).

La valeur d’une cave se concentre sur quelques familles : les liqueurs et spiritueux anciens (Chartreuse, cognacs millésimés du XIXe siècle, whiskies de collection), une poignée de signatures liquides (Domaine de la Romanée-Conti, Henri Jayer, Pétrus), les premiers crus classés dans leurs grands millésimes, les grands formats et les caisses d’origine. En dessous, l’essentiel des bouteilles se négocie entre 50 et 300 €, et les vins courants par lots. Les tableaux ci-dessous donnent, pour chaque famille, la fourchette de prix habituelle observée sur le marché (hors extrêmes) ; nos propres résultats, frais compris, sont cités dans les critères et les exemples ci-dessus.

Spiritueux et liqueurs de collection

CatégorieExemplesFourchette habituelle du marché (prix marteau)
Chartreuse du monastère, 1840-1869Premier modèle de bouteille, cire et cartouche du monastère5 000 – 16 500 €, jusqu’à 30 500 €
Chartreuse Fourvoirie, 1878-1903Jaune ou verte, bouteille soufflée gravée au sable4 250 – 7 250 €
Chartreuse Tarragone, 1904-1930Jaune ou verte, mentions Tarragone et Pères Chartreux3 300 – 6 500 €
Chartreuse 1930-1966Voiron et Tarragone, El Cumbre, périodes de guerre et d’après-guerre2 100 – 3 800 €
Chartreuse 1966-1985 et VEPFabiola, cuvée JO Grenoble 1968, VEP jaune et verte2 300 – 4 350 € (JO 1968 jusqu’à 10 100 € le coffret)
Éditions récentes de collectionTarragone du Siècle, Marseille 1921-2021, Une Chartreuse 2015, collections Santa Tecla2 650 – 4 000 €, jusqu’à 10 905 € ; collection Santa Tecla 42 bouteilles 14 600 €
Whiskies Macallan anciens1940, 1950, 25 ans, Anniversary Malt3 800 – 5 000 € ; 25 ans 28 000 €, 50 ans 86 800 €
Whiskies japonais de collectionKaruizawa, Yamazaki 1984, Yoichi 30 ans3 900 – 5 100 €, jusqu’à 12 400 €
Whiskies écossais de collectionBowmore 1966, Laphroaig Samaroli 1967, Johnnie Walker 18054 150 – 8 250 € ; Bowmore Black DB5 100 000 €
Cognacs millésimés du XIXe siècle1793, 1811, 1830, 1858, 1878 ; Grande Fine Champagne1 800 – 2 700 €, jusqu’à 7 000 €
Cuvées de prestige de cognacLouis XIII, Hennessy Timeless, A.E. Dor, carafes Lalique et Baccarat1 700 – 2 700 € ; Timeless 4 000 – 5 952 €, Premier Consul 8 000 €
Armagnacs et rhums anciensPots gascons millésimés, rhums agricoles des années 1960-1970Trop peu de lots dans la base marché pour une fourchette

Vins

CatégorieExemplesFourchette habituelle du marché (prix marteau, par bouteille)
Romanée-Conti et Henri JayerRomanée-Conti 1974-1998, Richebourg Jayer 19785 200 – 10 000 € ; Richebourg Jayer 1978 27 300 €
Autres grands crus du Domaine de la Romanée-ContiLa Tâche, Richebourg, Romanée-Saint-Vivant, Échezeaux650 – 4 000 € selon cru et millésime
PétrusAnnées 1980 et 1990 ; 2010-20151 800 – 2 950 € ; 1990 6 100 € ; 6 bouteilles 2004 en caisse 12 400 €
Grands crus de Bourgogne, domaines recherchésRousseau, Roumier, Leroy, Coche-Dury, Comte de Vogüé300 – 1 750 € selon domaine et niveau
Premiers crus classés, millésimes 1945-1949Haut-Brion 1945, Cheval Blanc 1947, Lafite 19451 600 – 3 950 € ; magnum Cheval Blanc 1947 7 900 €
Premiers crus classés, années 1950-1970Latour 1959, Lafite 1965, Haut-Brion 1957260 – 870 € (médiane 550 €) ; 15 Latour 1959 12 000 €
Premiers crus classés, années 1980Lafite, Latour, Margaux, Haut-Brion, Mouton200 – 770 € (médiane 330 €)
Premiers crus classés, années 1990-2010Lafite 1990 en caisse, Latour 2003 et 2009140 – 360 € (2010 et après : 90 – 230 €) ; 12 Lafite 1990 CBO 7 700 €
Château d’YquemMillésimes 1980-2000500 – 820 €
Grands vins étrangersSassicaia, Masseto, Vega Sicilia Unico, Ornellaia590 – 975 € ; double magnum Ornellaia d’artiste 32 000 €
Champagnes de prestigeKrug Clos du Mesnil, Dom Pérignon, CristalPeu de lots dans la base marché ; magnums Krug Grande Cuvée 650 € pièce
Crus bourgeois, seconds vins et gros lotsCaisses de 12, palettes, caves entières4 – 50 € la bouteille par lots de 100 à 600 bouteilles

Deux lectures s’imposent. D’abord, l’ancienneté compte davantage pour les spiritueux que pour les vins : une Chartreuse ou un cognac de 1880 se boit encore et vaut plus qu’un vin du même âge, dont l’intérêt devient purement historique. Ensuite, pour les vins, la valeur se joue sur le producteur et le niveau avant le millésime : un premier cru des années 1980 en bon état vaut environ trois fois un premier cru des années 2010 (médianes de 330 € contre 100 €), mais un Chambertin Rousseau au niveau bas vaut le tiers du même vin au niveau correct.

Pour aller plus loin, consultez nos bases de résultats et de cotes ou adressez-nous directement les photos ou la liste de votre cave : une bouteille dont le nom ne figure pas dans ces tableaux mérite tout autant une estimation.

Exemples d’estimations de vins et spiritueux réalisées par nos commissaires-priseurs

FAQ – Estimation de vins et spiritueux

L’estimation de mes vins et spiritueux est-elle payante ?

Non, elle est gratuite et confidentielle. Envoyez-nous les photos de vos bouteilles ou la liste de votre cave par notre formulaire en ligne ; un commissaire-priseur vous répond sous 48h. Pour une cave importante, un déplacement d’inventaire peut être organisé.

Puis-je déposer mes bouteilles ou prendre rendez-vous dans un bureau ?

Oui. Une première estimation en ligne est conseillée, sauf si le volume est important. Vous pouvez ensuite prendre rendez-vous avec l’un de nos commissaires-priseurs à contact@neo-encheres.com ou au 09 78 80 42 53 pour un dépôt au 6 rue Bargue (Paris 15e) ou un inventaire sur place.

Comment lire le niveau d’une bouteille de vin ?

Pour un bordeaux, on situe le liquide par rapport à l’épaule : bas goulot (normal), très légèrement bas, haute épaule, mi-épaule, basse épaule. Pour un bourgogne ou un spiritueux, on mesure en centimètres sous la capsule ; 2 à 3 cm sont normaux sur un vin de cinquante ans, au-delà de 5 cm le prix chute. Dans nos ventes, un Chambertin Rousseau 1973 est passé de 2 080 € à 676 € entre un niveau à 2,7 cm et un niveau à 6 cm.

Une bouteille dont l’étiquette est abîmée a-t-elle encore de la valeur ?

Oui, si le niveau et le bouchon sont bons. Une étiquette tachée ou fanée est la marque d’une cave humide et n’inquiète pas les acheteurs de vins anciens : notre Pétrus 1982 avec une déchirure d’étiquette s’est vendu 2 210 € frais compris. Une étiquette illisible, en revanche, empêche d’identifier la bouteille avec certitude et la fait vendre « en l’état ».

Comment dater une Chartreuse ancienne et que vaut-elle ?

La période se lit sur le verre et l’habillage : cartouche en relief, présence ou absence de titrage, style de l’étiquette, contenance (70 cl ou 75 cl), mention de Tarragone ou de Voiron. Les Chartreuse antérieures à 1960 (Tarragone 1904-1930, Verte El Cumbre 1951-1959, Jaune 1941-1951) se sont vendues chez NEO Enchères entre 2 405 et 4 160 € la bouteille, les Voiron 1956-1964 entre 520 et 754 €, les VEP en coffret entre 520 et 1 495 €, frais compris.

Réalisez-vous des inventaires de cave à domicile ?

Oui. Un commissaire-priseur se déplace avec notre expert pour recenser les bouteilles, relever les niveaux et les défauts, puis remettre un procès-verbal d’inventaire chiffré. Il sert pour une succession, un partage, un contrat d’assurance ou pour préparer une vente aux enchères, où les bouteilles de valeur partent à l’unité et les vins courants par lots.

Peut-on vendre une cave entière aux enchères, y compris les bouteilles courantes ?

Oui. Nous constituons des lots cohérents : les bouteilles de valeur vendues à l’unité, les caisses d’origine entières, les vins courants regroupés par appellation ou par millésime. Les bouteilles entamées, sans étiquette ou au niveau basse épaule se vendent difficilement, et jamais seules ; nous vous le disons dès l’estimation.

Photo portrait Gwenola Bovis commissaire priseur habilité NEO Enchères

Gwenola BOVIS

commissaire-priseur

09 78 80 42 53

Photo portrait Marcos Eliades commissaire priseur habilité NEO Enchères

Marcos ELIADES

commissaire-priseur

09 78 80 42 53

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