
Toshio BANDO
Sommaire
- Synthèse des prix des œuvres de Toshio Bando
- Cote des tableaux de Toshio Bando : un marché relancé par deux dispersions
- Les années 1920, le facturier et les fonds d’or : ce qui fait le prix d’un Bando
- Résultats de ventes de Toshio Bando chez NEO Enchères
- Identifier la signature de Toshio Bando et les inscriptions sur ses œuvres
- Comment authentifier et expertiser une œuvre de Toshio Bando ?
- Faire estimer une œuvre de Toshio Bando par nos experts
- Méthodologie d’analyse et sources des données d’estimation présentées
Toshio BANDO (1895-1973) est le compagnon discret de Foujita, ce peintre japonais arrivé à Montparnasse en 1922 qui a passé cinquante ans à peindre des chats, des chiens, des singes, des poupées et des bouquets sans jamais chercher la lumière. Longtemps réservée à quelques amateurs, sa cote a changé de dimension en 2025, quand la dispersion d’une collection de 120 œuvres a porté un autoportrait de 1925 à 76 000 € au marteau. Aujourd’hui, une huile de Toshio Bando se négocie autour de 4 200 € en valeur médiane, le plus souvent entre 2 500 € et 7 600 €, un chat des années 1920 dépassant fréquemment 7 000 € quand un pastel ou une gravure animalière s’échange encore entre 400 € et 1 500 €.

L’analyse qui suit s’appuie sur 385 adjudications enregistrées entre 2012 et 2026, issues de la base de données constituée et vérifiée par NEO Enchères, et sur les onze œuvres de l’artiste adjugées par l’étude depuis 2023, dont le Chat assis reproduit ci-dessus, qui comptait au jour de sa vente parmi les cinq plus hauts prix jamais enregistrés pour Bando dans le monde. NEO Enchères est l’une des maisons les plus actives sur cet artiste : plusieurs de nos clients recherchent ses œuvres en permanence, et nous sommes régulièrement sollicités pour en estimer. Elle chiffre ce qui fait varier un Bando du simple au décuple : la technique, le sujet, la période de création et ce que révèle le dos de la toile. Si vous possédez une peinture, un pastel ou une gravure de l’artiste, vous pouvez en demander une estimation gratuite ; les repères qui suivent vous donneront déjà un ordre de grandeur.
Synthèse des prix des œuvres de Toshio Bando
Le prix d’une œuvre de Toshio Bando s’étage de quelques dizaines d’euros pour un petit dessin ou une gravure abîmée à 76 000 € au marteau pour une toile de 1925 à fond doré, d’après notre base. L’huile est le cœur de ce marché : elle représente plus des deux tiers des lots vendus et la totalité des enchères au-dessus de 20 000 €.
| Catégorie d’œuvre | Prix médian | Enchère maximale |
|---|---|---|
| Huile sur toile, panneau ou carton | 4 200 € | 76 000 € |
| Aquarelle et gouache | 850 € | 14 200 € |
| Pastel | 700 € | 20 000 € |
| Estampe (eau-forte, pointe sèche, gravure en couleurs) | 600 € | 3 200 € |
| Dessin (fusain, encre, crayon, sanguine) | 350 € | 3 200 € |
Ce tableau appelle une lecture prudente. Chez Bando, les techniques sur papier valent peu en médiane mais réservent des sommets : un autoportrait au pastel des années 1920 a atteint 20 000 €, une aquarelle de 1923 représentant Foujita dans son atelier 14 200 €. À l’inverse, une huile tardive de petit format peut ne pas dépasser 1 500 €. Le sujet, la date et la provenance pèsent autant que la technique, et c’est ce que détaillent les sections suivantes.
Le marché est demandeur : 66 % des huiles de notre base ont dépassé leur estimation haute, et une sur trois l’a doublée. Tous les chiffres d’analyse de cette page sont des prix marteau, hors frais acheteur ; seuls les résultats de la section consacrée aux ventes NEO Enchères sont donnés frais compris, tels qu’ils ont été publiés.
Cote des tableaux de Toshio Bando : un marché relancé par deux dispersions
La cote de Toshio Bando a longtemps reposé sur une poignée de lots par an. Entre 2016 et 2024, notre base ne recense jamais plus d’une trentaine d’huiles vendues dans l’année, et le plus souvent moins de dix, avec une médiane annuelle oscillant entre 1 500 € et 4 600 € au gré des œuvres présentées. Tout a basculé le 4 avril 2025 : la vente de la collection Jacques Boutersky, expert de l’artiste, a mis sur le marché 120 œuvres, dont beaucoup accompagnées de leur référence au facturier de Bando. Les 91 huiles vendues ce jour-là affichent une médiane de 7 500 €, neuf sur dix ont dépassé leur estimation haute, et l’Autoportrait aux pinceaux de 1925, dit aussi Composition Bouddha, a été porté à 76 000 €. Une seconde dispersion, en octobre 2025, a ajouté une soixantaine de lots venus pour l’essentiel d’une collection japonaise, à des niveaux plus sages (médiane des huiles à 3 850 €).

Ce pic de 2025 ne doit pas fausser la lecture. En dehors de ces deux ventes monographiques, les 135 huiles passées en ventes courantes depuis 2012 s’établissent à 3 000 € de médiane, le plus souvent entre 1 850 € et 4 600 €. La médiane de 2026, à 1 300 €, reflète simplement la nature des lots présentés cette année-là, petits formats et portraits d’ateliers, et non un retournement. La vraie leçon de 2025 est ailleurs : le marché a désormais des références publiques pour les œuvres majeures de Bando, et les collectionneurs, japonais comme français, ont montré qu’ils étaient prêts à les disputer.
Prix des huiles de Toshio Bando
Une huile de Toshio Bando se vend le plus souvent entre 2 500 € et 7 600 € au marteau, pour une médiane de 4 200 € calculée sur 261 adjudications. La distribution ci-dessous montre un marché dont le centre de gravité se situe entre 3 000 € et 10 000 € : 137 huiles sur 261 s’y sont vendues. La queue haute est réelle, avec 34 toiles au-dessus de 10 000 € et 12 au-dessus de 20 000 €, la plupart datées des années 1920. Les 52 huiles adjugées 2 000 € ou moins sont, pour l’essentiel, des œuvres tardives, des portraits sans sujet fort ou des toiles en état médiocre.

Chats, chiens, singes et oiseaux : les animaux font la cote
Les chats de Toshio Bando forment le segment le plus cher de son œuvre peint : médiane de 7 550 €, fourchette courante de 3 350 € à 8 900 €. Installé à Pierrefitte-sur-Seine à partir de 1924, l’artiste a fait de ses animaux domestiques ses modèles quotidiens, et le marché lui rend cette fidélité. Poupées et chats dans l’aquarium, une toile de 92 × 73 cm vers 1929, a atteint 30 000 € en avril 2025 ; L’atelier au chat et au chat siamois, même format, s’était déjà vendu 22 500 € en 2018 ; Le Chat blanc fond or, 16 × 24 cm seulement, est monté à 17 000 €. Le Chat assis adjugé par NEO Enchères en novembre 2024, 13 000 € au marteau, se classe parmi les cinq meilleurs résultats du sujet dans notre base.

Les chiens de Bando, bouledogues français en tête, se négocient autour de 4 500 €, entre 3 400 € et 7 500 € le plus souvent, avec un Fox terrier de 1926 porté à 21 000 € et un Autoportrait au chien et au porte-cigarette à 17 200 €. Les singes, sujet rare (six huiles dans notre base), tiennent une médiane de 5 050 €, Le Singe à l’écuelle de 1925 ayant atteint 11 000 €. Les oiseaux se situent à 4 800 €, tirés par Le Nid de 1928 (18 000 €) et Le Serin (11 000 €). Les poissons rouges et scalaires, thème des années 1926-1927, restent plus accessibles : médiane de 3 000 €, maximum de 7 500 €.

Nus, poupées et natures mortes de Toshio Bando
Les nus de Toshio Bando affichent la fourchette la plus large de son œuvre : médiane de 6 000 €, mais un intervalle courant de 2 700 € à 15 000 €, car le segment mêle petites études et grandes compositions des années 1924-1925. Ces dernières concentrent les records du peintre après l’autoportrait : Nu à l’éventail fond or de 1925 (60 × 81 cm) à 40 000 €, Déshabillé rose à la chaise à 38 000 €, Grand nu (Andrée) de 1924, 116 × 89 cm sur feuille d’or, à 36 000 €, Vénus sortie des eaux à 30 000 €. Un petit Nu au peigne de 22 × 16 cm avait déjà atteint 22 000 € en 2016.
Les poupées, motif très identifié de Bando, sont pourtant le sujet le moins valorisé de ses huiles : médiane de 2 500 €, fourchette courante de 1 500 € à 4 900 €, avec un maximum de 12 000 € pour Les Deux poupées de 1927. Les natures mortes et bouquets, segment le plus fourni avec 66 huiles, s’établissent à 4 200 € (2 800 € à 5 900 €). Les meilleures sont datées : Pipe et pot à tabac en porcelaine de Satsuma, vers 1929, 24 × 33 cm, a atteint 22 000 €, Sabots fond argent de 1925 17 500 €, et une nature morte au nécessaire à couture 14 000 € dès 2017. Le Bouquet de muguet vendu par NEO Enchères en avril 2026, parti d’une estimation de 1 500 à 2 000 €, s’est inscrit dans cette logique.

Pastels, aquarelles, dessins et estampes de Toshio Bando
Un pastel de Toshio Bando se négocie le plus souvent entre 400 € et 1 500 € au marteau, pour une médiane de 700 € sur 53 lots. Le pastel est chez lui une technique de paysage et de fleurs, souvent de grand format horizontal (31 × 48 cm, 34 × 53 cm), et le marché la traite comme telle. Les exceptions tiennent au sujet : l’Autoportrait dans l’atelier et au fume-cigarette, vers 1925, a été disputé jusqu’à 20 000 €, un Paysage de neige à Garé de 53 × 71 cm jusqu’à 8 500 €, et un Chat siamois de 1927 jusqu’à 3 500 €. Les aquarelles et gouaches, rares (douze lots), se tiennent autour de 850 €, la feuille de 1923 montrant Foujita dans son atelier ayant atteint 14 200 € en octobre 2025.
Les dessins constituent l’entrée dans l’univers de Bando : médiane de 350 €, fourchette courante de 200 € à 800 €. Les encres de Chine des années 1920 font mieux, deux feuilles, un poisson scalaire dit L’Ange de l’Aquarium et une Japonaise, ayant atteint 3 200 € chacune, et un portrait à l’encre de Foujita daté 1922 s’est vendu 1 200 €. L’autoportrait au fusain adjugé par NEO Enchères en avril 2026, estimé 200 à 400 €, a été porté à 1 950 € frais compris : le visage de l’artiste, ici derrière ses lunettes rondes, reste un sujet à part.

Les estampes de Toshio Bando, autour de 600 € en médiane, méritent une attention particulière. Vers 1926-1930, l’artiste a gravé ses animaux à l’eau-forte et à la pointe sèche, certaines planches étant éditées chez Apollo à Paris et tirées à 125 exemplaires, d’autres imprimées en couleurs sur soie argentée ou dorée appliquée sur papier Japon, à très petit nombre. Ces épreuves sur soie sont les plus recherchées : Les Deux chatons et Le Chiot noir ont atteint 3 200 € chacun en 2025, Les Deux chiots 2 600 €. Un tirage courant sur papier, signé au crayon, se situe plutôt entre 200 € et 750 €.

Les années 1920, le facturier et les fonds d’or : ce qui fait le prix d’un Bando
Une huile de Toshio Bando datée des années 1920 vaut près du double d’une œuvre postérieure : 7 300 € de médiane contre 4 050 € pour les toiles datées de 1930 et au-delà, d’après nos relevés. C’est la découverte majeure des ventes de 2025, qui ont permis de dater précisément 121 huiles. La décennie parisienne de Bando, celle des Salons d’Automne et des Tuileries, des expositions à la galerie Chéron en 1924, 1929 et 1931, et de l’amitié quotidienne avec Foujita, est celle que les collectionneurs recherchent.

1922-1926 : les toiles de Montparnasse et de Pierrefitte
Les dix huiles datées de 1922 à 1924 de notre base affichent une médiane de 8 550 €, et leur fourchette courante s’ouvre de 4 350 € à 18 000 €. On y trouve les grandes compositions de l’arrivée à Paris : L’Intérieur de 1922, 112 × 145 cm, dont le châssis porte encore l’inscription « Salon d’Automne » et une signature en japonais, vendu 28 400 € en octobre 2025 ; Les Danseurs du 25 septembre 1924, 27 × 16 cm, à 21 000 € ; le Grand nu (Andrée) déjà cité. Les années 1925-1926, les plus fournies (53 huiles), tiennent une médiane de 7 500 € : c’est l’époque des chats, des lapins et des sabots sur fond d’or et d’argent, et du lavoir de Pierrefitte.
Le facturier de l’artiste : un numéro qui vaut une provenance
Toshio Bando tenait un facturier, registre où il inscrivait ses œuvres sous un numéro d’ordre, un titre abrégé et souvent une date au jour près. Les notices des ventes de 2025 y renvoient en permanence : Chat blanc fond or gris sous le n° 107, Lavoir de Pierrefitte n° 112, Fête Pierrefitte, tir et cheval n° 226, Yuki avec harnais n° 646, une série de chats siamois sous les n° 365 à 408, des narcisses n° 820 et 822. Ce sont ces mentions qui expliquent les titres datés au jour près, « 25 avril 1925 » ou « 11 septembre 1928 », qui caractérisent le corpus.
L’effet sur les prix est net : les 39 huiles de notre base explicitement référencées au facturier se sont vendues 8 000 € en médiane, contre 3 800 € pour les autres. Le facturier fonctionne comme une provenance d’atelier, et il sert aujourd’hui de colonne vertébrale au catalogue raisonné en préparation. Une œuvre qui peut y être rattachée, par son titre, sa date ou ses dimensions, change de catégorie.
Fonds d’or et d’argent : les toiles les plus disputées
Les huiles sur feuille d’or ou d’argent sont les pièces les plus chères de Toshio Bando : les cinq exemplaires passés en vente affichent une médiane de 17 500 €, aucun n’étant descendu sous 13 000 €. Cette technique, que l’artiste pratique en 1924-1925 en écho aux fonds dorés de la peinture japonaise classique, apparaît sur le Nu à l’éventail (40 000 €), le Grand nu (Andrée) (36 000 €), les Sabots fond argent (17 500 €), le Chat blanc fond or (17 000 €) et Les Deux lapins sur feuille d’argent (13 000 €). Si votre toile présente un fond métallique sous la couche picturale, elle appartient à ce groupe restreint.
Le format compte moins que chez d’autres peintres, sauf au-delà de 70 cm
Bando est un peintre de petits formats. Le 27 × 22 cm (48 huiles, médiane 3 350 €) et le 33 × 24 cm (52 huiles, médiane 4 250 €) forment à eux deux près de 40 % de sa production vendue, et un tableau de 16 × 24 cm à fond d’or vaut davantage qu’une toile de 55 × 46 cm ordinaire (médiane 5 050 €). Seul le grand format change vraiment l’échelle : les douze huiles dont la plus grande dimension dépasse 70 cm affichent une médiane de 16 000 €, le plus souvent entre 7 450 € et 30 000 €. Entre 28 et 70 cm, la médiane reste comprise entre 3 000 € et 4 300 € quel que soit le format : chez Bando, c’est le sujet et la date qui décident.
Résultats de ventes de Toshio Bando chez NEO Enchères
NEO Enchères a adjugé onze œuvres de Toshio Bando entre décembre 2023 et avril 2026, à Drouot et dans ses salles de la rue Bargue : trois huiles animalières, une nature morte, une eau-forte sur soie et six dessins. Le Chat assis de novembre 2024, estimé 3 000 à 4 000 € et porté à 16 900 € frais compris, était à cette date l’un des cinq prix les plus élevés jamais obtenus pour une œuvre de Toshio Bando, toutes techniques et tous pays confondus, d’après nos relevés ; seules les grandes toiles de la dispersion Boutersky l’ont dépassé depuis. Ce résultat tient à la rencontre entre un sujet fort, un format d’atelier caractéristique et une présentation à Drouot devant les collectionneurs, français et japonais, qui suivent ce marché. L’étude reçoit depuis des demandes régulières d’acheteurs à la recherche d’un chat, d’un chien ou d’une nature morte de l’artiste, ce qui nous permet de placer une œuvre de qualité dans les meilleures conditions.
| Œuvre | Estimation | Adjudication (frais compris) |
|---|---|---|
| Chat assis, huile sur toile, 27 × 22 cm | 3 000 – 4 000 € | 16 900 € |
| Bouquet de muguet dans un vase, huile sur panneau, 26,5 × 39 cm | 1 500 – 2 000 € | 7 930 € |
| Saint Bernard, huile sur toile, 22,5 × 27,5 cm | 3 000 – 5 000 € | 4 420 € |
| La chienne de Bando, huile sur toile, 35 × 27 cm | 2 500 – 5 000 € | 3 900 € |
| La guenon, huile sur toile, 35 × 27 cm | 1 500 – 2 000 € | 2 340 € |
| Autoportrait, fusain, 32,5 × 25,5 cm | 200 – 400 € | 1 950 € |
| Bouledogue assis, eau-forte sur soie, 2/12, 36,5 × 27 cm | 300 – 400 € | 520 € |
| Portrait de femme, crayon, 32 × 23,5 cm | 200 – 400 € | 325 € |
| Profil de femme, crayon daté 1922, 30,5 × 23,5 cm | 150 – 300 € | 325 € |
| Portrait de femme à l’ouvrage, sanguine, 33,5 × 26 cm | 150 – 300 € | 260 € |
| Portrait de femme au tricot et son chien, crayon, 27 × 19,5 cm | 150 – 300 € | 234 € |

La vacation du 16 avril 2026 mérite un mot à part. Les sept lots présentés provenaient d’une même collection privée française, transmise par descendance depuis l’arrière-grand-père des vendeurs, qui avait acheté ses tableaux directement à l’artiste en 1934 et 1935 : La chienne de Bando et La guenon portent encore, au dos de la toile, cette mention manuscrite d’achat. Cet ensemble cohérent, une chienne, une guenon, un bouquet et quatre portraits dessinés, offrait un aperçu rare de ce que Bando vendait lui-même à ses visiteurs dans les années 1930, et le Bouquet de muguet, estimé 1 500 à 2 000 €, s’est envolé à 7 930 €.

Identifier la signature de Toshio Bando et les inscriptions sur ses œuvres
Sur la face : deux caractères japonais et « Bando » en lettres latines
La signature de Toshio Bando est double : les deux caractères de son prénom, tracés à la verticale ou côte à côte, puis « Bando » en cursive latine, souvent suivi d’un point. On la trouve sur les huiles comme sur les dessins et les estampes, où elle est apposée au crayon. Cette signature bilingue n’est pas une coquetterie : dans notre base, les huiles dont la notice mentionne la signature en japonais se sont vendues 5 500 € en médiane, contre 3 200 € pour celles décrites avec une simple signature « Bando ». Le marché lit dans ces idéogrammes une garantie d’autographie, et il a raison.


La position n’obéit à aucune règle. Dans les notices de notre base qui la décrivent, la signature est en bas à droite dans 145 cas, en bas à gauche dans 104, en haut à droite dans 73 et en haut à gauche dans 34 : Bando signe où la composition laisse une plage libre, souvent en haut, ce qui surprend les amateurs habitués aux signatures de bas de toile. La date est rare sur la face (une vingtaine de notices seulement), et elle vaut cher : les huiles datées se sont vendues 8 100 € en médiane. Certaines œuvres sont dédicacées, tel un portrait de 1932 inscrit « Souvenir amical à G. Moreau ».
Le cachet rouge des pastels
Une partie des pastels et des encres de Toshio Bando ne porte pas de signature manuscrite mais un cachet rouge, apposé le plus souvent en bas à droite ou en haut à gauche. Il s’agit du sceau de l’artiste, appliqué sur des feuilles restées dans l’atelier, notamment les jetées de fleurs et les paysages des années 1930-1935. Ce cachet n’est pas dévalorisant : les six pastels cachetés de notre base se sont vendus 1 100 € en médiane, au-dessus des pastels signés. Il impose en revanche une vérification de provenance plus attentive, car il ne suffit pas à lui seul à authentifier.
Au dos : étiquettes Chéron, inscriptions d’achat et signatures sur le châssis
Le dos d’un Bando raconte souvent son histoire. Les toiles passées par la galerie Chéron, qui l’a exposé en 1924, 1929 et 1931, en conservent fréquemment l’étiquette, entière ou fragmentaire, sur le châssis : dix-huit notices de notre base la signalent. Bando signait aussi parfois le châssis lui-même, en japonais, avec la date et le lieu, comme sur L’Intérieur de 1922 situé « Paris ». Les toiles des années 1930 portent plus volontiers un titre et une date au revers, et les acheteurs d’alors y ont laissé leurs propres notes.

Ces inscriptions d’achat ont une valeur documentaire directe : elles rattachent l’œuvre à l’atelier sans intermédiaire, et le numéro qui les accompagne parfois, « 22 » sur La chienne de Bando, peut correspondre à une numérotation du peintre ou du collectionneur. Photographiez systématiquement le revers avant toute demande d’estimation : une étiquette Chéron, une mention d’exposition (celle du Musée de Montmartre en 1991, « Foujita et l’École de Paris », figure au dos de plusieurs toiles) ou une note d’achat changent l’appréciation de nos experts.
Les pièges du marché : estampes « d’après », tirages et signatures dans la planche
Le premier piège tient à la reproduction. Des estampes ou impressions d’après les nus et les animaux de Bando circulent, parfois encadrées de longue date, avec une signature qui appartient à l’image et non à la main de l’artiste. NEO Enchères en a présenté une, un Nu à l’éventail sur papier, en avril 2025 : cataloguée « d’après Toshio Bando », elle a trouvé preneur à 104 € frais compris, là où une toile du même sujet vaut plusieurs dizaines de milliers d’euros. Le second piège concerne les vraies gravures : une eau-forte d’édition sur papier, numérotée sur 125, ne vaut pas une épreuve sur soie tirée à douze exemplaires, et seule la mention du support et du tirage permet de les distinguer.

Comment authentifier et expertiser une œuvre de Toshio Bando ?
L’authentification d’une œuvre de Toshio Bando passe aujourd’hui par Jacques Boutersky, expert membre de l’Union française des experts, désigné par Toji Bando, veuve de l’artiste, pour préparer le catalogue raisonné, et qui a constitué pendant près de quarante ans la collection dispersée en 2025. Il travaille en lien avec Sylvie Buisson, experte de Foujita, et avec Kimié Bando Delaunay, fille et ayant droit de l’artiste, qui conservent les archives familiales et le facturier. Les notices de ventes s’y réfèrent régulièrement : certificats délivrés conjointement par Sylvie Buisson et Jacques Boutersky, confirmations d’authenticité, rattachement d’une œuvre à un numéro du facturier.
L’examen matériel reste décisif. Nos commissaires-priseurs vérifient la cohérence entre le support et la période, les toiles d’origine des années 1920, souvent de petit format standard, les panneaux et cartons plus fréquents ensuite ; la présence de la signature bilingue et son intégration dans la matière picturale ; la nature du fond, doré, argenté ou peint ; l’état de la couche, les toiles anciennes de Bando présentant fréquemment des craquelures ou des restaurations signalées dans les notices. La provenance fait le reste : une étiquette Chéron, un passage par une vente ancienne à Drouot, une mention d’achat à l’artiste ou une exposition documentée valent plus que bien des certificats tardifs.
Faire estimer une œuvre de Toshio Bando par nos experts
Vous possédez une huile, un pastel, un dessin ou une gravure de Toshio Bando ? Nos commissaires-priseurs, qui ont adjugé onze œuvres de l’artiste depuis 2023, dont un chat à 16 900 €, l’un des plus hauts prix mondiaux de Bando au jour de sa vente, situeront la vôtre dans les fourchettes de cette page, et au-delà si sa date, son sujet ou son dos le justifient. Plusieurs de nos clients attendent précisément ce type d’œuvre.
Une estimation gratuite en ligne, simple et rapide
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- des photographies de face et du dos de l’œuvre (châssis, étiquettes, inscriptions, cachet) ;
- un cliché rapproché de la signature, caractères japonais compris, et de la date si elle existe ;
- les dimensions, la technique (toile, panneau, pastel, soie, papier) et tout historique connu : achat ancien, certificat, transmission familiale.
Un commissaire-priseur vous répond sous 48 heures, avec une fourchette chiffrée et sans engagement.
Une expertise physique dans nos bureaux si nécessaire
Un fond doré à examiner, un cachet rouge à confirmer, un dos difficile à lire ? Nous vous recevons sur rendez-vous dans nos bureaux parisiens, à Saint-Germain-des-Prés (7 rue d’Assas, Paris 6e), près des Champs-Élysées (15 rue de Miromesnil, Paris 8e) et dans le quartier Pasteur (6 rue Bargue, Paris 15e), ou nous nous déplaçons en région sur rendez-vous.
En vue d’une vente, nous gérons toute la logistique
Transport assuré, démarches auprès de l’expert et des ayants droit de l’artiste, photographies professionnelles, catalogage et vente à Drouot devant la clientèle française et japonaise qui suit ce marché : l’étude prend tout en charge jusqu’au règlement. Les dépassements d’estimation obtenus sur nos derniers lots de Bando, un chat et un bouquet adjugés à plus de trois fois leur estimation haute, montrent ce qu’apporte une présentation soignée au bon moment.
Méthodologie d’analyse et sources des données d’estimation présentées
Les chiffres de cette page proviennent de notre base de données, constituée et vérifiée par l’étude, qui recense les adjudications de ventes publiques en France et à l’étranger, ainsi que de nos propres résultats de ventes. Pour Toshio Bando, 385 lots vendus entre 2012 et 2026 ont été retenus, après exclusion de 86 invendus, des lots sans résultat communiqué, des reproductions et œuvres « d’après », des doublons et des valeurs aberrantes ; les prix en devises étrangères ont été convertis en euros au jour de la vente. Sauf mention contraire, les prix indiqués sont des prix marteau, hors frais acheteur ; les résultats des ventes NEO Enchères sont donnés frais compris. Nous privilégions les médianes et les fourchettes interquartiles, moins sensibles aux enchères d’exception que les moyennes, ce qui compte pour un artiste dont deux ventes monographiques de 2025 pèsent près de la moitié du corpus. Ces repères restent indicatifs : la date, le sujet, la technique, l’état et la provenance d’une œuvre donnée peuvent la placer nettement au-dessus ou en dessous des fourchettes publiées. Pour connaître la valeur de votre œuvre de Toshio Bando, sollicitez une estimation gratuite auprès de nos commissaires-priseurs.


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