
Line VAUTRIN
Sommaire
- Synthèse des prix des œuvres de Line Vautrin
- Cote des miroirs de Line Vautrin : le segment roi
- Prix des miroirs de Line Vautrin par modèle : Sorcière, Soleil à pointes, Sequins, Folie
- Prix des boîtes et poudriers de Line Vautrin
- Cote des bijoux de Line Vautrin : broches, colliers, bracelets
- Du bronze doré au talosel : les deux vies de Line Vautrin
- Résultats de ventes de Line Vautrin chez NEO Enchères
- Identifier les signatures de Line Vautrin et les inscriptions sur les œuvres
- Comment authentifier et expertiser une œuvre de Line Vautrin ?
- Faire estimer une œuvre de Line Vautrin par nos experts
- Méthodologie d’analyse et sources des données d’estimation présentées
Line VAUTRIN (1913-1997) occupe une place à part dans les arts décoratifs français du XXe siècle. Fille de bronzier, remarquée dès l’Exposition internationale de 1937, installée dès la fin des années 1930 dans sa propre boutique près des Champs-Élysées, celle que la presse américaine surnomma « la poétesse du métal » a créé des bijoux et des boîtes en bronze doré truffés de rébus, puis, à partir des années 1950, les miroirs en talosel qui ont fait sa légende. Un miroir de Line Vautrin se négocie aujourd’hui le plus souvent entre 17 000 € et 50 000 € au marteau, avec un sommet à 360 000 € atteint en 2022 pour un modèle « Pentagone ». Ses bijoux, eux, restent accessibles : la moitié des broches change de mains sous 350 €.

Cette page fait le point sur la cote de Line Vautrin à partir de 1 652 adjudications enregistrées entre 2021 et 2026, issues de la base de données constituée et vérifiée par NEO Enchères — complétées par les résultats de l’étude elle-même, dont un miroir porté à 71 500 € frais compris sur une estimation de 20 000 à 25 000 €. Si vous possédez un miroir, un poudrier, une boîte ou un bijou signé de l’artiste, vous pouvez en demander une estimation gratuite ; les repères qui suivent vous donneront déjà un ordre de grandeur sérieux.
Synthèse des prix des œuvres de Line Vautrin
Le prix d’une œuvre de Line Vautrin dépend d’abord de sa famille : un miroir en talosel vaut, en médiane, dix fois une boîte en bronze doré et près de soixante fois un bijou courant, selon la base de données NEO Enchères. Le tableau ci-dessous résume cette hiérarchie, en prix marteau hors frais.
| Catégorie | Prix médian | Enchère maximale |
|---|---|---|
| Miroirs en talosel | 32 000 € | 360 000 € |
| Boîtes et poudriers | 3 000 € | 49 400 € |
| Objets et luminaires | 1 800 € | 210 000 € |
| Bijoux | 550 € | 55 000 € |
Cet écart n’a rien d’anormal : il reflète les volumes produits. Les bijoux, diffusés en petites séries par la boutique parisienne de l’artiste, forment près de la moitié des lots en circulation ; chaque miroir, lui, exigeait un long façonnage à chaud du talosel et l’incrustation des éclats de verre un à un. La rareté commande la valeur, et la valeur suit ici la difficulté de fabrication.
Deuxième enseignement : le marché est tendu à tous les étages. 58 % des lots vendus dépassent leur estimation haute, une proportion qui grimpe à 72 % pour les miroirs et 73 % pour les boîtes. Un tiers des miroirs double sa fourchette haute. Autrement dit, les estimations de catalogue servent souvent de point d’appel plutôt que de plafond — un élément à garder en tête au moment de faire estimer une œuvre de Line Vautrin.
Cote des miroirs de Line Vautrin : le segment roi
L’estimation d’un miroir de Line Vautrin se situe le plus souvent entre 17 000 € et 50 000 € au marteau, pour une médiane de 32 000 € calculée sur 408 adjudications, selon la base de données NEO Enchères. Depuis 2021, 95 miroirs ont dépassé 50 000 € et 26 ont franchi les 100 000 €. Le record public de l’artiste, toutes catégories confondues, reste un miroir « Si tous les gars du monde » monté à 421 500 € frais compris en 2015 ; sur la période récente, le « Pentagone » de 48 cm vendu 360 000 € au marteau en 2022 tient la première place.
La médiane annuelle raconte un marché solide plutôt qu’une flambée : autour de 30 000 € depuis 2021, un creux à 23 500 € en 2025 — année où beaucoup de petits formats sont passés en vente —, puis un net rebond à 41 800 € sur les huit premiers mois de 2026, porté par plusieurs grands modèles. La demande internationale ne faiblit pas ; c’est l’offre qui fait varier la moyenne des prix d’une année sur l’autre.

La distribution des prix confirme que le miroir est devenu un objet de collection à part entière : plus d’un miroir sur deux se vend entre 15 000 € et 50 000 €, et le bas du segment — exemplaires très petits, accidentés ou tardifs — descend rarement sous 5 000 €.

Prix des miroirs de Line Vautrin par modèle : Sorcière, Soleil à pointes, Sequins, Folie
Le nom du modèle est le premier critère de prix d’un miroir de Line Vautrin : à état comparable, un « Sequins » vaut près de quatre fois un « Chardon », selon la base de données NEO Enchères. L’artiste a baptisé ses miroirs comme des poèmes — Soleil à pointes, Chardon, Gerbera, Comète, Astéroïdes, Sequins, Folie — et les collectionneurs connaissent cette nomenclature par cœur. Le terme « miroir sorcière » désigne quant à lui le verre convexe qui équipe la plupart de ces modèles, hérité des miroirs d’optique anciens. Identifier le modèle exact est la première étape de toute estimation sérieuse.

| Modèle | Prix médian | Enchère maximale |
|---|---|---|
| Folie (Le soleil a rendez-vous avec la lune) | 166 000 € | 298 000 € |
| Sequins | 73 500 € | 131 700 € |
| Soleil torsadé | 48 000 € | 182 000 € |
| Étincelle | 40 000 € | 85 000 € |
| Romain | 38 500 € | 180 000 € |
| Soleil à pointes | 36 000 € | 88 000 € |
| Sorcière (sans nom de modèle) | 30 000 € | 120 000 € |
| Gerbera | 24 000 € | 60 000 € |
| Chardon | 19 500 € | 112 000 € |
Soleil à pointes n°1, n°2 et n°3 : le classique absolu
Avec 82 passages en vente depuis 2021, le Soleil à pointes est le miroir de Line Vautrin que l’on croise le plus souvent : médiane de 36 000 €, maximum à 88 000 €. Ses pointes rayonnantes de miroir irisé existent en trois versions numérotées, et le numéro compte. Le n°1, le plus petit — 23 cm de diamètre environ —, s’échange autour de 29 000 € sur 21 ventes recensées ; le n°2 autour de 25 000 € ; le n°3, le plus grand, autour de 48 000 € et jusqu’à 63 000 €. La couleur des incrustations joue aussi : le « Soleil à pointes n°2 » en talosel vert vendu 57 200 € frais compris par NEO Enchères en avril 2023 s’est placé dans le haut absolu des prix du modèle.
Sorcière, Sequins, Astéroïdes : les couronnes de talosel
Un miroir sorcière sans nom de modèle établi se traite autour de 30 000 €, le plus souvent entre 16 500 € et 45 000 €, dès lors que la structure en talosel est saine — jusqu’à 120 000 € pour les plus grands. Dans cette famille des miroirs à couronnes, le modèle Sequins, ceint de dizaines de petits miroirs teintés polychromes, domine nettement : douze ventes, une médiane de 73 500 € et un record à 131 700 €. Le rare « Astéroïdes », à couronne centrale, n’est passé que deux fois en vente sur la période, à 130 000 € puis 171 400 € en 2026. Détail qui a son prix : les talosels à incrustations bleues affichent une médiane de 39 500 €, très au-dessus des tons verts, autour de 13 000 €.

Le modèle Étincelle, reconnaissable à ses branches fines rayonnant autour de la glace, appartient au même cercle recherché : sept ventes seulement, une médiane de 40 000 € et un maximum à 85 000 €. Celui que NEO Enchères a présenté en octobre 2023 — trente-cinq branches, 33 cm — est parti à 65 000 € frais compris, plus du double de son estimation basse.
Chardon et Gerbera : les portes d’entrée du segment
Le Chardon, à flammes torses incrustées de miroir doré, est le modèle le plus abordable des miroirs muraux : 38 ventes, une médiane de 19 500 € et une fourchette courante de 12 000 € à 30 000 € — mais ses grands formats s’envolent, jusqu’à 112 000 €. Le Gerbera, à double entourage rayonnant, se traite autour de 24 000 €, avec un maximum à 60 000 €. L’exemplaire mordoré de 18 cm adjugé 31 200 € frais compris par notre étude en septembre 2025 illustre la vigueur du modèle, y compris en petit diamètre.
Soleil torsadé et Romain : la cour des grands
Deux modèles font la transition vers les sommets. Le Soleil torsadé, aux rayons en spirale, s’échange autour de 48 000 € sur 17 ventes ; sa très grande version, créée vers 1955, a atteint 182 000 € au marteau en 2024. Le miroir Romain, à gros cabochons, suit à 38 500 € de médiane, avec un record à 180 000 € en 2025. Sur ces modèles, chaque centimètre de diamètre et chaque nuance de couleur se paient comptant.
Folie, Pentagone, Monaco : les miroirs à six chiffres
Tout en haut de la pyramide, le modèle Folie, aussi appelé « Le soleil a rendez-vous avec la lune », joue dans une autre catégorie : sept exemplaires vendus depuis 2021, une médiane à 166 000 € et un sommet à 298 000 € au marteau. Les grands modèles rares suivent la même pente — le « Pentagone » de 48 cm vendu 360 000 € en 2022, un « Monaco » de 56 cm à 216 500 € en 2024, une « Huître » à 180 000 € en 2024. Ces pièces, souvent réalisées sur commande, changent de mains entre grands collectionneurs et reviennent rarement sur le marché.
La taille change tout : les seuils de diamètre à connaître
À modèle comparable, le diamètre pèse lourd. Sous 25 cm — le format des Soleil à pointes n°1 et de la plupart des Chardon —, la médiane s’établit à 22 000 €. Entre 25 et 40 cm, elle passe à 30 000 €. Entre 40 et 55 cm, elle atteint 48 000 €. Au-delà de 55 cm, les dix exemplaires recensés depuis 2021 affichent une médiane de 125 000 € : ces très grands miroirs, faits sur commande, sont presque introuvables. Le passage du format d’appartement au format de décorateur multiplie donc le prix par cinq.
Prix des boîtes et poudriers de Line Vautrin
Un poudrier de Line Vautrin en bronze doré s’estime le plus souvent entre 1 300 € et 3 150 €, pour une médiane de 1 900 € sur 136 adjudications, selon la base de données NEO Enchères. Les boîtes proprement dites — à cigarettes, à secrets, à messages — se placent plus haut : médiane de 4 550 €, sur un volume de 203 lots. C’est le cœur historique de l’œuvre : ces objets en bronze doré, gravés de vers et de rébus, ont fait la réputation de la maison Vautrin dès les années 1940.

Les records du segment appartiennent aux pièces uniques ou aux variantes de couleur non répertoriées : une boîte « Crocodiles » en bronze doré émaillé, unique dans sa couleur, a été portée à 49 400 € en 2025 ; « La pêche aux poissons » et une boîte « Je t’aime aujourd’hui plus qu’hier et moins que demain » ont chacune atteint 33 800 €, un poudrier du même vers de Rosemonde Gérard 30 000 €, la boîte « Aquarium » de 1945 29 900 €. L’intérieur gainé de liège, la gravure nette et l’émail intact font, à chaque fois, la différence.
Cote des bijoux de Line Vautrin : broches, colliers, bracelets
Un bijou de Line Vautrin se vend le plus souvent entre 260 € et 1 400 € au marteau, pour une médiane de 550 € sur 778 adjudications — de loin le volume le plus important du marché de l’artiste, selon la base de données NEO Enchères. C’est la porte d’entrée idéale dans son œuvre, et c’est aussi la catégorie où le tri entre pièces authentiques, travaux d’élèves et imitations demande le plus de vigilance.
| Type de bijou | Prix médian | Enchère maximale |
|---|---|---|
| Colliers et sautoirs | 1 500 € | 55 000 € |
| Bracelets | 1 650 € | 7 150 € |
| Pendentifs | 480 € | 8 100 € |
| Broches | 350 € | 3 200 € |
| Boutons et boutons de manchette | 165 € | 7 000 € |
Les colliers dominent nettement. Un collier en talosel et miroirs se traite autour de 1 200 €, un collier en bronze ou métal doré des années 1940 autour de 2 000 € — le modèle « Ramsès » ou les grandes pièces articulées pouvant aller beaucoup plus loin. Le record de la catégorie, 55 000 € pour un collier ras-du-cou articulé vendu en 2026, montre que le bijou de Vautrin commence à être traité comme de la sculpture portable. À l’autre bout, des broches authentiques circulent encore entre 200 € et 600 € : peu d’artistes de ce calibre restent aussi abordables.


Du bronze doré au talosel : les deux vies de Line Vautrin
Comprendre la cote de Line Vautrin, c’est comprendre ses deux matériaux. Ils correspondent à deux périodes, deux techniques et deux marchés distincts — et l’expertise commence toujours par cette question : bronze ou talosel ?
Le bronze doré des années 1940 : rébus, saints et poèmes
Formée dans l’atelier familial de fonte de bronze, Line Vautrin modèle, cisèle et dore elle-même ses premières créations : boutons, broches figuratives — saint Éloi patron des bijoutiers, saint Esprit, taureaux, dragons —, ceintures articulées, poudriers et boîtes gravées. Sa signature intellectuelle, ce sont les rébus et les vers cachés : le sonnet d’Arvers, l’alexandrin de Rosemonde Gérard, des proverbes à déchiffrer. Ces objets à message, très parisiens, séduisaient la clientèle de sa boutique de la rue de Berri, puis de celle du 3, rue de l’Université. Sur le marché actuel, cette production se trouve entre quelques centaines et quelques milliers d’euros, les pièces gravées les plus littéraires en tête.
Le talosel, matériau inventé et marque déposée
Au début des années 1950, l’artiste met au point un matériau à base d’acétate de cellulose qu’elle baptise talosel et dont elle dépose le nom. Travaillée à chaud, gravée, patinée, la résine prend l’aspect d’une matière ancienne, entre corne et laque, dans laquelle elle incruste des éclats de miroir teintés — or, ambre, bleu, rose, vert. Colliers, bracelets, poignées de porte, encriers et surtout miroirs naissent de cette technique que personne n’a jamais vraiment réussi à imiter. Le talosel est fragile : il gerce, se fend, perd ses miroirs. Cette fragilité explique à la fois la rareté des exemplaires intacts et la prime spectaculaire qu’ils obtiennent.
Lampes et objets : le segment qui monte
Restent les objets — vide-poches en bronze, cendriers, faces à main, et une poignée de luminaires très recherchés. Une paire de lampes « Ananas » vers 1960 a été adjugée 210 000 € au marteau en 2026, et huit des dix luminaires recensés depuis 2021 ont dépassé 17 500 €, jusqu’à 36 500 € pour une lampe de table. Quand un luminaire de Line Vautrin apparaît en vente, les acheteurs le savent, et les enchères s’en ressentent.
Résultats de ventes de Line Vautrin chez NEO Enchères
NEO Enchères suit le marché de Line Vautrin de près et a adjugé plusieurs de ses œuvres majeures. En octobre 2023, un miroir asymétrique en talosel estimé 20 000 à 25 000 € a été porté à 71 500 € frais compris, après confirmation d’authenticité par le Comité Line Vautrin ; le même jour, un miroir sorcière « Étincelle » à trente-cinq branches atteignait 65 000 €. Six mois plus tôt, un « Soleil à pointes n°2 » en talosel vert, vendu avec sa toile d’origine, avait dépassé sa fourchette à 57 200 €.
| Œuvre | Estimation | Adjudication (frais compris) |
|---|---|---|
| Miroir asymétrique en talosel, cachet « ROI », vers 1955-1960 | 20 000 – 25 000 € | 71 500 € |
| Miroir sorcière « Étincelle », talosel, 35 branches, Ø 33 cm | 20 000 – 30 000 € | 65 000 € |
| Miroir « Soleil à pointes n°2 », talosel vert, vers 1955, Ø 23 cm | 35 000 – 40 000 € | 57 200 € |
| Miroir « Gerbera », talosel mordoré, Ø 18 cm | Sur demande | 31 200 € |
| Miroir soleil en talosel, rangées pointues spiralées, Ø 54 cm | 20 000 – 30 000 € | 31 200 € |
| Poudrier circulaire en métal doré, décor d’une maison | 800 – 1 200 € | 2 860 € |
| Poudrier carré, inscription « Si vous croyez que je vais dire… » | 1 800 – 2 200 € | 2 340 € |
| Broche « Tauromachie », bronze doré | 400 – 800 € | 1 560 € |
| Broche clip au dragon, bronze doré, monogramme « LV » | 200 – 400 € | 260 € |

Les résultats plus récents confirment la profondeur du marché à tous les niveaux de prix : un miroir « Gerbera » de 18 cm seulement adjugé 31 200 € en septembre 2025, un poudrier au décor de maison parti à 2 860 € sur une estimation de 800 à 1 200 €, une broche « Tauromachie » en bronze doré doublant sa fourchette à 1 560 € en mars 2026. Du bijou à quelques centaines d’euros au miroir à six chiffres, l’étude a présenté et vendu toute l’étendue de l’œuvre.
Identifier les signatures de Line Vautrin et les inscriptions sur les œuvres
La signature de Line Vautrin change selon le matériau et l’époque, et c’est l’un des points que nos experts vérifient en premier. Trois familles de marques coexistent : la signature en toutes lettres, le monogramme « LV » et des pastilles au nom savoureux — « Joux » pour les bijoux, « Roi » pour les miroirs.
Sur les miroirs : « Line Vautrin » dans la masse et le cachet « Roi »
Un miroir authentique porte, au revers, la signature « Line Vautrin » incisée en creux dans la masse du talosel — jamais rapportée, jamais peinte. S’y ajoute fréquemment une pastille ovale en cuivre marquée « ROI » en relief — un clin d’œil, selon toute vraisemblance, à la fin du mot « miroir », dans la droite ligne de ses rébus. Le dos est le plus souvent garni de sa toile d’origine, parfois teintée dans la couleur du modèle, et certains exemplaires portent un numéro en chiffres romains. Un dos ouvert, une toile remplacée ou une glace repositionnée se voient — et se paient.


Sur les bijoux : « Joux », monogramme « LV » et pièces non signées
Les bijoux en talosel portent souvent une petite pastille signée « Joux » — contraction de « bijoux », dans le même esprit de rébus que le « Roi » des miroirs. Les bijoux en bronze doré des années 1940 sont estampillés « LV », signés « Line Vautrin » en creux, ou… pas signés du tout : notre corpus recense plus d’une centaine de pièces authentiques vendues sans aucune marque, la boutique n’ayant systématisé la signature que tardivement. L’absence de signature n’est donc pas rédhibitoire sur cette production, mais elle reporte tout le poids de l’attribution sur le style, la qualité de la ciselure et la comparaison avec les modèles publiés. Les pièces destinées à l’export portent en plus la mention « Made in France ».
Sur les boîtes et poudriers : la signature en creux au revers
Boîtes et poudriers en bronze ou métal doré sont, dans la grande majorité des cas, signés « Line Vautrin » en creux au revers ou au dos du couvercle. Les deux poudriers vendus par l’étude en 2025 portaient cette marque. Un intérieur gainé de liège, une gravure profonde et régulière des inscriptions et une dorure homogène complètent le faisceau d’indices que nos commissaires-priseurs examinent à la loupe.
Comment authentifier et expertiser une œuvre de Line Vautrin ?
L’authentification d’une œuvre de Line Vautrin s’appuie aujourd’hui sur un organe de référence : le Comité Line Vautrin, qui examine les œuvres sur dossier photographique, délivre des certificats d’authenticité et prépare le catalogue raisonné. NEO Enchères travaille avec lui — le miroir asymétrique vendu 71 500 € et l’« Étincelle » vendue 65 000 € par l’étude avaient tous deux reçu sa confirmation avant la vente, et ce certificat a directement nourri les enchères. La bibliographie compte par ailleurs les ouvrages de Patrick Mauriès consacrés aux bijoux, aux rébus et aux miroirs de l’artiste : une œuvre reproduite ou rapprochable d’un modèle publié part avec un avantage réel.
Les pièges du marché : élèves, atelier et imitations
Après la fermeture de sa boutique en 1962, Line Vautrin a enseigné sa technique du talosel, et ses élèves ont produit des miroirs et bijoux d’inspiration très proche. Certains ont leur propre cote — les miroirs d’Irena Jaworska, les bijoux d’Henry Périchon — mais sans commune mesure avec celle de leur professeur ; d’autres pièces circulent sous des mentions « atelier Line Vautrin », « élève de » ou « dans le goût de » qu’il faut lire attentivement dans les catalogues. Notre analyse a écarté plus de 260 lots de ce type. S’y ajoutent les imitations contemporaines de miroirs sorcière, souvent trahies par une résine trop régulière et des miroirs découpés à la machine. Devant un doute, le réflexe est simple : photographier le revers et demander l’avis d’un expert avant toute transaction.
État et restauration : ce que le talosel pardonne, et ce qu’il ne pardonne pas
Le talosel vieillit comme une matière vivante : gerces, petits fêles, éclats de miroirs manquants figurent dans la description de très nombreux lots — y compris parmi ceux qui se vendent très bien. Le miroir « Gerbera » adjugé 31 200 € par l’étude mentionnait de petits manques et fissures. Le marché tolère les défauts d’usage inhérents au matériau ; il sanctionne en revanche la glace sorcière remplacée, les restaurations lourdes à la résine moderne et les recollages visibles. Sur le bronze doré, l’usure de la dorure est courante et pèse modérément ; une regravure ou une redorure récente pèsent beaucoup plus. Dans tous les cas, mieux vaut vendre l’objet dans son jus, défauts documentés, que restaurer avant expertise.
Faire estimer une œuvre de Line Vautrin par nos experts
Vous possédez un miroir en talosel, un poudrier gravé, une boîte à rébus ou un bijou de Line Vautrin ? Notre étude connaît ce marché de l’intérieur : elle a adjugé cinq miroirs de l’artiste entre 31 200 € et 71 500 € frais compris, fait authentifier ses lots par le Comité Line Vautrin et suit chaque vente significative en Europe.
Une estimation gratuite en ligne, simple et rapide
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Une expertise physique dans nos bureaux si nécessaire
Le talosel se juge en main : profondeur des incrustations, souplesse de la gravure, état réel des fêles. Nous vous recevons sur rendez-vous dans nos bureaux parisiens — Paris 6e Saint-Germain-des-Prés (7, rue d’Assas), Paris 8e Élysée (15, rue de Miromesnil), Paris 15e Pasteur (6, rue Bargue) — et nous nous déplaçons en région pour les collections.
En vue d’une vente, nous gérons toute la logistique
Emballage adapté à la fragilité du talosel, transport, assurance, rapport de condition, démarches auprès du Comité Line Vautrin lorsque le certificat s’impose, photographies professionnelles, catalogage et vente à Drouot devant notre fichier de collectionneurs français et étrangers : l’étude prend chaque étape en charge jusqu’au règlement. Les 71 500 € obtenus sur une estimation de 20 000 € doivent beaucoup à cette préparation.
Méthodologie d’analyse et sources des données d’estimation présentées
Les chiffres publiés sur cette page proviennent de la base de données constituée et vérifiée par NEO Enchères à partir des résultats de ventes publiques en France et à l’international. L’analyse consacrée à Line Vautrin retient 1 652 lots vendus, pour l’essentiel entre 2021 et 2026, après exclusion des invendus, des attributions incertaines (« attribué à », « dans le goût de », « entourage de », « élève de »), de la production d’atelier et des œuvres d’élèves identifiés, ainsi que des doublons et valeurs aberrantes. Sauf mention contraire, les prix s’entendent au marteau, hors frais acheteur ; seuls les résultats de la section NEO Enchères sont donnés frais compris, tels qu’ils ont été publiés. Nous privilégions la médiane, moins sensible que la moyenne aux enchères d’exception. Ces repères restent indicatifs : selon le modèle, la taille, l’état du talosel, la présence d’une signature ou d’un certificat du Comité Line Vautrin, une œuvre donnée peut s’écarter sensiblement des fourchettes observées. Pour situer précisément la vôtre, demandez une estimation gratuite à nos commissaires-priseurs.


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