Jeune fille à l'écharpe, technique mixte sur soie de Lê Phổ adjugée par NEO Enchères

Lê PHỔ


Lê Phổ (1907-2001) est le plus coté des peintres vietnamiens de l’école de Paris. Fils d’un vice-roi du Tonkin, diplômé de la première promotion de l’École des Beaux-Arts de l’Indochine fondée par Victor Tardieu, installé définitivement en France en 1937, il a mené deux carrières en une : celle du maître de la peinture sur soie des années 1930-1940, dont les encres et gouaches se négocient aujourd’hui le plus souvent entre 67 000 € et 322 000 € au marteau, et celle du coloriste des bouquets et des jardins, dont les huiles sur toile s’échangent en médiane autour de 59 000 €. Les records dépassent 1,7 million d’euros. Entre ces deux pôles, la cote de Lê Phổ obéit à des règles précises — technique, période, sujet, format — qu’il faut connaître avant de faire estimer une œuvre.

Deux jeunes femmes, encre et gouache sur soie de Lê Phổ adjugée 247 000 € par NEO Enchères
Deux jeunes femmes, crayon, gouache et encre sur soie, 47 × 31,5 cm, adjugée 247 000 € frais compris par NEO Enchères en juin 2025

L’analyse qui suit repose sur 887 adjudications enregistrées entre 2020 et 2026, issues de la base de données constituée et vérifiée par NEO Enchères, complétée par les résultats de l’étude elle-même — dont une soie adjugée 247 000 € frais compris en 2025. Si vous possédez une soie, une huile, une gouache ou une lithographie de l’artiste, vous pouvez en demander une estimation gratuite ; les repères qui suivent vous donneront déjà un ordre de grandeur sérieux.

Synthèse des prix des œuvres de Lê Phổ

Le prix d’une œuvre de Lê Phổ s’étage de quelques centaines d’euros pour une lithographie signée à plus de 1,7 million d’euros au marteau pour une soie majeure des années 1930. Le tableau ci-dessous résume les niveaux observés sur les ventes publiques de 2020 à 2026, en prix marteau hors frais, selon la base de données NEO Enchères.

Catégorie d’œuvre Prix médian Enchère maximale
Encre et gouache sur soie 160 000 € 1 753 000 €
Huile sur toile, panneau ou soie marouflée 59 000 € 1 749 000 €
Dessin, aquarelle et gouache sur papier 70 000 € 440 000 €
Lithographie signée 850 € 5 500 €

Première lecture : la technique commande tout. Une soie de Lê Phổ vaut en médiane près de trois fois une huile, et l’écart se creuse encore vers le haut du marché. Les deux enchères maximales se ressemblent, mais elles ne racontent pas la même histoire : côté soie, les gros prix sont réguliers — vingt-cinq lots au-dessus de 400 000 € rien que dans notre base —, côté huile, ils restent l’exception réservée aux grandes compositions de figures. Signalons aussi les laques, rarissimes aux enchères : un Paysage du Tonkin exécuté vers 1930-1935 a atteint 940 000 € au marteau en septembre 2025.

Prix des œuvres de Lê Phổ par technique : soies, huiles, dessins
Fourchettes de prix habituelles des œuvres de Lê Phổ par technique, prix marteau, ventes 2020-2026

Seconde lecture : le marché est acheteur. Sur les lots de notre base assortis d’une estimation, 57 % des peintures ont dépassé leur estimation haute. Pour un vendeur, les estimations publiées fonctionnent souvent comme un point d’appel plutôt que comme un plafond — nous en avons fait l’expérience directe, avec une soie estimée 40 000-60 000 € portée à 97 500 € frais compris dans nos salles.

Cote des tableaux de Lê Phổ : dynamique et évolution du marché

La cote de Lê Phổ se maintient à un niveau élevé depuis 2020, avec une médiane annuelle des peintures comprise entre 50 000 € et 90 000 €. Le pic de 2022 correspond à l’afflux de grandes huiles de figures sur le marché asiatique, dans le sillage d’un record à 1 749 000 € au marteau pour Figures in a garden. Les années 2023-2025 ont ramené la médiane autour de 60 000 €, moins par recul de la demande que par déplacement de l’offre vers les bouquets de la période américaine. Depuis 2026, la tendance repart nettement : 86 500 € de médiane sur les huit premiers mois, dans le prolongement de l’exposition du musée Cernuschi consacrée aux pionniers de l’art moderne vietnamien (octobre 2024 – mars 2025), qui a remis les trois grands noms de cette école — Lê Phổ, Mai Trung Thứ, Vũ Cao Đàm — sous les yeux du public français.

Évolution de la cote de Lê Phổ de 2020 à 2026, prix médian annuel des peintures
Médiane annuelle des adjudications de peintures de Lê Phổ, prix marteau, 2020-2026

Les records récents confirment la solidité du haut de marché. La famille dans le jardin, une encre et gouache sur soie d’environ 1938, a été adjugée l’équivalent de plus de 1 750 000 € au marteau à Hong Kong en 2023. Le bain, une soie de la même période, a atteint 1 560 000 € à Paris en mai 2025, et La femme nue (vers 1942) 1 050 000 €, toujours à Paris, en septembre de la même année. Trois résultats à sept chiffres en trois ans, à Hong Kong comme à Paris : la demande pour les soies d’avant-guerre est mondiale, profonde et durable.

Prix des peintures sur soie de Lê Phổ

Une encre et gouache sur soie de Lê Phổ se vend le plus souvent entre 67 000 € et 322 000 € au marteau, avec une médiane de 160 000 € sur 120 adjudications recensées depuis 2020. C’est le cœur historique de l’œuvre, et le segment que s’arrachent les collectionneurs vietnamiens et asiatiques. La hiérarchie interne est nette : les scènes de figures — maternités, jeunes femmes, scènes familiales — se négocient en médiane à 180 000 €, quand les fleurs sur soie s’échangent autour de 142 000 €. La date fait le reste : les soies des années 1930-1940, les plus fines de matière et les plus recherchées, concentrent la quasi-totalité des enchères au-delà de 400 000 €. Une petite soie tardive ou une composition secondaire peut en revanche se trouver sous les 50 000 € : vingt-deux lots de notre base sont dans ce cas.

Prix des huiles sur toile de Lê Phổ

L’estimation d’une huile de Lê Phổ se situe le plus souvent entre 35 000 € et 98 000 € au marteau, pour une médiane de 59 000 € calculée sur 626 adjudications — de très loin le segment le plus actif du marché, avec une centaine de lots vendus chaque année. C’est la production des années Findlay, ces bouquets et ces jardins peints pour la clientèle américaine, qui alimente ce flux régulier. La distribution des prix montre un marché étonnamment équilibré : près d’un tiers des huiles partent sous 40 000 €, un quart au-dessus de 100 000 €, et la tranche la plus fournie se situe entre 60 000 € et 100 000 €.

Distribution des prix des huiles de Lê Phổ aux enchères par tranche de prix
Répartition des 626 adjudications d’huiles de Lê Phổ par tranche de prix, 2020-2026

Une catégorie hybride mérite une mention à part : les huiles sur soie marouflée sur isorel ou sur carton, caractéristiques de la transition des années 1950. Elles se négocient dans les mêmes eaux que les huiles sur toile, avec une prime lorsque la matière de la soie reste perceptible sous la couche picturale. NEO Enchères a adjugé 96 200 € frais compris une œuvre de ce type, Tulipes au vase chinois, encore porteuse de son étiquette de la galerie Romanet.

Femmes, maternités ou fleurs : l’effet du sujet sur les prix

À technique égale, le sujet crée un écart de l’ordre de 60 % sur le prix d’un tableau de Lê Phổ. Sur les huiles, les compositions de figures — maternités, jeunes femmes au jardin, scènes de thé — atteignent 83 000 € de médiane, contre 52 500 € pour les fleurs et natures mortes. La raison est arithmétique autant qu’esthétique : les bouquets représentent plus des deux tiers de l’offre (419 huiles de fleurs vendues depuis 2020, contre 129 huiles de figures), et la rareté relative des figures nourrit la surenchère. Les paysages purs, une dizaine de lots à peine sur la période, se négocient autour de 55 000 €. Le sommet absolu appartient toutefois aux figures : aucune nature morte n’a jamais approché les prix des grandes maternités et scènes familiales.

L’effet du format sur la valeur d’une huile de Lê Phổ

Le format est le second levier de valeur des huiles, et son effet est massif. Le tableau ci-dessous parle de lui-même : entre un petit bouquet de 27 × 35 cm et une grande composition dépassant 50 × 70 cm, le prix médian est multiplié par quatre.

Format de l’huile Prix médian Enchère maximale
Petit format (jusqu’à 30 × 40 cm environ) 24 000 € 87 000 €
Format moyen 42 000 € 720 000 €
Grand format (au-delà de 50 × 70 cm environ) 95 000 € 1 749 000 €

Ce barème donne au possesseur d’une œuvre un premier repère fiable : un bouquet Findlay de 33 × 24 cm se discutera autour de 20 000 € à 25 000 €, quand la même image en 100 × 65 cm en vaudra quatre à cinq fois plus. Les enchères maximales de chaque tranche rappellent tout de même que le sujet peut bousculer le barème : le record du format moyen, à 720 000 €, est un rare autoportrait de jeunesse daté 1929, pas un vase de renoncules.

Combien vaut une lithographie de Lê Phổ ?

Une lithographie signée de Lê Phổ vaut entre 500 € et 1 100 € dans la plupart des cas, avec une médiane de 850 € sur 114 lots vendus depuis 2020 et des pointes à 5 500 € pour les épreuves les plus fraîches. L’essentiel du corpus a été édité à Paris par de Francony dans les années 1960 : Fleurs (1966), Maternité (1967), Bouquet au vase chinois (1967), Maternité en jaune (1968), en tirages de 90 à 175 exemplaires, auxquels s’ajoutent des épreuves d’artiste et hors commerce. La signature au crayon en bas à droite — souvent en français et en vietnamien — et la justification en bas à gauche sont la norme ; une épreuve jaunie, piquée ou insolée descend vite sous les 500 €. NEO Enchères a adjugé 585 € frais compris une Maternité justifiée 42/90, dans la moyenne exacte du marché.

Maternité, lithographie en couleurs signée de Lê Phổ

Les trois périodes de Lê Phổ : Hanoï, Romanet, Findlay

Le marché lit la carrière de Lê Phổ en trois chapitres, et il les paie très différemment : 267 000 € de médiane pour les peintures créées avant 1946, 67 000 € pour la période Romanet (1946-1963), 80 000 € pour la période Findlay (1964-2001), selon la base de données NEO Enchères. Dater une œuvre, c’est donc déjà l’estimer. Voici comment les distinguer.

Prix des peintures de Lê Phổ par période de création : avant 1946, Romanet, Findlay
Fourchettes de prix habituelles des peintures de Lê Phổ selon leur période de création, prix marteau, ventes 2020-2026

Les soies de Hanoï et des débuts parisiens (avant 1946)

Tout le sommet de la cote se concentre ici. Formé dans la première promotion de l’École des Beaux-Arts de l’Indochine (1925-1930), assistant de Victor Tardieu à l’Exposition coloniale de 1931, passé par les Beaux-Arts de Paris, Lê Phổ rejoint Paris en 1937 comme délégué de l’Indochine à l’Exposition internationale — et ne repartira plus. Les encres et gouaches sur soie de ces années mêlent la tradition du portrait lettré vietnamien, le souvenir des primitifs italiens admirés lors d’un voyage de jeunesse et une mélancolie qui n’appartient qu’à cette période. Jeunes femmes au thé, maternités silencieuses, baigneuses : ces feuilles se négocient le plus souvent entre 143 000 € et 462 000 €, et c’est parmi elles que se recrutent tous les résultats millionnaires. Une soie signée de cette période, même de petit format, ne devrait jamais être vendue sans expertise sérieuse.

La période Romanet (1946-1963) : la transition vers l’huile

Après-guerre, la galerie Romanet, 18 avenue de Matignon à Paris, assure la diffusion de son œuvre auprès de la bourgeoisie française. Lê Phổ abandonne progressivement l’encre pour l’huile, souvent posée sur ses soies marouflées sur isorel ou sur carton, et sa palette s’éclaircit au contact de Bonnard et de Matisse, dont il se réclamait volontiers. Bouquets au vase d’opaline, maternités aux fonds fleuris, jeunes femmes au jardin : ces œuvres, en médiane à 67 000 €, se reconnaissent souvent sans même retourner le tableau — mais le dos confirme, avec les étiquettes numérotées de la galerie que nous détaillons plus bas. Le haut du segment dépasse 270 000 € pour les compositions ambitieuses des années 1950.

Tulipes au vase chinois, huile sur soie marouflée de Lê Phổ, période Romanet
Tulipes au vase chinois, huile sur soie contrecollée sur isorel, 92,5 × 59,5 cm, provenance galerie Romanet, adjugée 96 200 € frais compris par NEO Enchères en janvier 2025

La période Findlay (1963-2001) : les bouquets du marché américain

En 1963, les Wally Findlay Galleries — Chicago, New York, Palm Beach — passent commande en masse et ouvrent à Lê Phổ le marché américain, qu’il fournira pendant près de quarante ans. Les formats grandissent, la touche devient impressionniste, la lumière éclabousse les bouquets de renoncules, de tulipes et de pivoines et les scènes de jardin. C’est la production la plus abondante aux enchères, et la plus accessible en entrée de gamme : la fourchette courante va de 36 000 € à 114 000 €, avec une médiane à 80 000 € tirée par les grandes toiles de figures comme Les Fleuristes (1973), adjugée plus de 250 000 € en 2026. Les petits bouquets constituent le premier marchepied du marché, autour de 20 000 € à 25 000 €. Précision qui a son importance pour la datation : ces toiles portent fréquemment au dos les inscriptions d’inventaire de la galerie américaine.

Résultats de ventes de Lê Phổ chez NEO Enchères

NEO Enchères a présenté quatre œuvres de Lê Phổ depuis fin 2024 et signé plusieurs enchères remarquées, dont 247 000 € frais compris pour une soie. L’étude a bâti sur ce marché une clientèle d’acheteurs vietnamiens et asiatiques qui suivent nos vacations à Drouot, et les résultats parlent : Jeune fille à l’écharpe a plus que doublé son estimation basse, frais compris, et aucune de nos peintures n’est restée sous son estimation.

Œuvre Estimation Adjudication (frais compris)
Deux jeunes femmes, crayon, gouache et encre sur soie, 47 × 31,5 cm 190 000 – 220 000 € 247 000 €
Jeune fille à l’écharpe, technique mixte sur soie, 46 × 38 cm 40 000 – 60 000 € 97 500 €
Tulipes au vase chinois, huile sur soie marouflée sur isorel, 92,5 × 59,5 cm 70 000 – 120 000 € 96 200 €
Maternité, lithographie en couleurs, justifiée 42/90, 46 × 32 cm 300 – 500 € 585 €

Deux jeunes femmes, vendue en juin 2025, illustre ce que la recherche documentaire ajoute au prix. Nos équipes ont rapproché cette soie d’une composition très voisine, Deux jeunes femmes (Nice, 1947), exposée au musée Cernuschi lors de l’exposition consacrée aux pionniers de l’art moderne vietnamien en France. Ce rapprochement, mentionné au catalogue, a ancré l’œuvre dans le corpus le plus recherché de l’artiste. Quinze jours plus tard, Jeune fille à l’écharpe partait de 40 000 € d’estimation basse pour finir à 97 500 € frais compris, disputée par les enchérisseurs asiatiques.

Jeune fille à l'écharpe, technique mixte sur soie de Lê Phổ adjugée par NEO Enchères
Jeune fille à l’écharpe, technique mixte sur soie contrecollée sur papier, 46 × 38 cm, adjugée 97 500 € frais compris par NEO Enchères en juin 2025, sur une estimation de 40 000 – 60 000 €

Tulipes au vase chinois, enfin, réunissait tout ce qui rassure un acheteur : une provenance galerie Romanet documentée par l’étiquette d’origine, une collection privée bretonne, un grand format de 92,5 cm. Adjugée 96 200 € frais compris en janvier 2025, elle démontre que le marché parisien sait payer les belles œuvres de la période de transition.

Identifier les signatures de Lê Phổ et les inscriptions sur les œuvres

Lê Phổ signe presque toujours deux fois : « Le Pho » en lettres latines, accompagné de caractères sino-vietnamiens tracés au pinceau. Cette double signature est la carte d’identité de l’œuvre, et sa position renseigne déjà sur la période. Voici ce que nos experts regardent, face puis dos.

Sur la face : la double signature et sa position

Sur les soies des années 1930-1940, la signature est fréquemment placée en haut de la composition, à gauche ou à droite, à la manière des peintures lettrées — un Jeune garçon de 1940 est ainsi signé en haut à gauche, à l’encre. Sur les huiles des périodes Romanet et Findlay, elle descend en bas de la toile, à droite ou à gauche, toujours associée aux caractères. Les deux soies vendues par NEO Enchères étaient signées en bas, en français et en vietnamien — sur Deux jeunes femmes, la signature est en outre accompagnée d’un cachet rouge de l’artiste, comme on en rencontre sur une partie des soies. Sur les lithographies, la signature est au crayon dans la marge inférieure droite, la justification du tirage à gauche. Une œuvre portant seulement « Le Pho » sans caractères n’est pas nécessairement fausse, mais elle appelle un examen plus attentif.

Signature de Lê Phổ en caractères et en lettres latines avec cachet rouge sur la soie Deux jeunes femmes
Caractères, cachet rouge et « lepho » en cursives : la signature de Deux jeunes femmes, adjugée 247 000 € frais compris par NEO Enchères
Signature de Lê Phổ en caractères et en lettres latines sur l'huile Tulipes au vase chinois
La même double signature, posée dans la matière, sur l’huile Tulipes au vase chinois (période Romanet), adjugée 96 200 € frais compris par NEO Enchères

Au dos : étiquettes Romanet, inscriptions Findlay et numéros d’inventaire

Le dos d’un tableau de Lê Phổ vaut souvent une archive. Les œuvres passées par la galerie Romanet portent une étiquette ou un cachet au nom de la galerie, 18 avenue de Matignon, avec un numéro composite caractéristique : « LE PHO n° 357-30M-315 » sur les Tulipes au vase chinois vendues par notre étude, « N°468 I865 » ou « n°444-8 M » sur d’autres œuvres passées en vente — le chiffre suivi d’une lettre correspond au format du châssis. Détail précieux : le titre inscrit sur l’étiquette Romanet diffère parfois du titre commercial actuel, et cette discordance même est un gage d’ancienneté. Les toiles de la période américaine portent quant à elles des inscriptions au châssis ou une étiquette des Wally Findlay Galleries : titre, numéro d’inventaire à quatre ou cinq chiffres, mentions du type « Findlay G. Chicago » ou « N.Y. », parfois un code de format. Une étiquette d’origine conservée au dos peut ajouter plusieurs milliers d’euros à l’estimation, car elle date l’œuvre et documente sa provenance d’un même coup.

Comment authentifier et expertiser une œuvre de Lê Phổ ?

L’authentification d’une œuvre de Lê Phổ s’appuie aujourd’hui sur deux référents complémentaires : Alain Lê Kim, fils de l’artiste et ayant droit, qui délivre des certificats d’authenticité et confirme l’inscription des œuvres dans les archives familiales, et le catalogue raisonné en préparation au sein de l’association Les Artistes d’Asie à Paris, qui remet des attestations d’inclusion pour les œuvres retenues. La plupart des lots importants passés en vente ces dernières années étaient accompagnés de l’un ou l’autre de ces documents, et leur absence pèse immédiatement sur le prix. Pour la période historique, l’exposition du musée Cernuschi et son catalogue, ainsi que les travaux publiés sur les peintres de l’École des Beaux-Arts de l’Indochine, fournissent les points de comparaison stylistiques.

Les pièges du marché : copies, « école de Hanoï » et attributions abusives

Le succès de Lê Phổ a nourri un marché parallèle qu’il faut connaître. Les copies sur soie sont nombreuses : la technique se prête à l’imitation, et des feuilles signées « Le Pho » de fraîche date circulent régulièrement, parfois encadrées à l’ancienne. Les catalogues de ventes fourmillent par ailleurs de formules prudentes — « école de Hanoï », « entourage de l’École des Beaux-Arts de l’Indochine », « dans l’esprit de Le Pho » — qui désignent honnêtement des œuvres anonymes ou d’imitateurs, mais que des revendeurs peu scrupuleux transforment ensuite en « Lê Phổ » à part entière ; un bouquet « dans l’esprit de » peint par un artiste français des années 1950 s’est ainsi vendu quelques centaines d’euros là où un original vaut cent fois plus. Autre confusion courante : une lithographie encadrée sous verre, habilement présentée, peut passer pour une gouache aux yeux d’un héritier — la trame du tirage et la justification dans la marge la trahissent. Enfin, l’état compte doublement sur soie : ce support fragile marque vite (pliures, rousseurs, manques), et une restauration lourde peut diviser le prix par deux. Toutes ces vérifications s’enchaînent en quelques minutes sous l’œil d’un spécialiste, à partir de simples photographies.

Faire estimer une œuvre de Lê Phổ par nos experts

Vous détenez une soie, une huile, une gouache ou une lithographie de Lê Phổ, héritée d’un parent ayant vécu en Indochine ou achetée en galerie ? Notre étude connaît ce marché de l’intérieur : elle a adjugé plusieurs œuvres importantes de l’artiste et sait mobiliser les acheteurs vietnamiens et internationaux qui font les prix.

Une estimation gratuite en ligne, simple et rapide

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  • des photographies de face et du dos de l’œuvre (châssis, étiquettes de galerie, inscriptions, numéros) ;
  • un cliché rapproché de la signature — les caractères vietnamiens comme les lettres latines ;
  • les dimensions, la technique présumée et tout élément de provenance : certificat, facture, histoire familiale.

Un commissaire-priseur vous répond sous 48 heures avec une fourchette fondée sur les résultats réels du marché, sans engagement.

Une expertise physique dans nos bureaux si nécessaire

Une soie demande souvent un examen direct : finesse de la trame, fraîcheur des pigments, état du marouflage. Nous vous recevons sur rendez-vous dans nos bureaux parisiens — Saint-Germain-des-Prés (7 rue d’Assas, Paris 6e), Élysée (15 rue de Miromesnil, Paris 8e) et Pasteur (6 rue Bargue, Paris 15e) — et nous nous déplaçons en région, notamment pour les collections familiales constituées au temps de l’Indochine.

En vue d’une vente, nous gérons toute la logistique

Transport assuré, rapport de condition, photographies professionnelles, recherches documentaires — jusqu’au rapprochement avec les expositions muséales, comme pour notre soie vendue 247 000 € —, catalogage bilingue, diffusion auprès de notre fichier d’acheteurs asiatiques et vente à Drouot : l’étude prend chaque étape en charge jusqu’au règlement.


Méthodologie d’analyse et sources des données d’estimation présentées

Les chiffres de cette page sont tirés de la base de données constituée et vérifiée par NEO Enchères, qui recense les adjudications de ventes publiques françaises et internationales. Pour Lê Phổ, 887 lots vendus entre 2020 et 2026 ont été retenus, après exclusion des invendus, des attributions incertaines (« attribué à », « école de », « dans l’esprit de »), des affiches et des doublons ; les résultats obtenus hors zone euro sont convertis en euros au cours du jour de la vente. Sauf mention contraire, les prix sont des prix marteau, hors frais acheteur ; les résultats NEO Enchères sont donnés frais compris, comme indiqué dans le tableau concerné. Les médianes sont préférées aux moyennes, moins sensibles aux enchères exceptionnelles. Ces repères restent indicatifs : la période, le sujet, l’état et la provenance d’une œuvre donnée peuvent la situer bien au-dessus ou en dessous des fourchettes publiées. Pour connaître la valeur de votre œuvre de Lê Phổ, sollicitez une estimation gratuite auprès de nos commissaires-priseurs.

Photo portrait Gwenola Bovis commissaire priseur habilité NEO Enchères

Gwenola BOVIS

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09 78 80 42 53

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