Composition de Josef Šíma de 1933 vendue 162 500 € frais compris à l'Hôtel Drouot, huit fois son estimation haute

Joseph SIMA


Joseph Sima (1891-1971) occupe une place que peu de peintres du XXe siècle peuvent revendiquer : né en Bohême, naturalisé français en 1926, cofondateur du Grand Jeu aux côtés de Roger Gilbert-Lecomte et René Daumal, il est aujourd’hui disputé par deux marchés à la fois, Paris et Prague. Ses huiles sur toile se négocient en médiane autour de 90 000 € au marteau, ses aquarelles et dessins entre 4 600 € et 15 000 € pour la plupart, et ses toiles majeures dépassent le million d’euros — jusqu’à l’équivalent de 1 943 000 € pour Terre (1960), une composition monumentale de 175 × 285 cm vendue à Prague en 2024. La cote de Joseph Sima a doublé en dix ans, portée par des collectionneurs tchèques qui rachètent leur avant-garde nationale.

Composition, 1933, technique mixte sur toile de Joseph Sima adjugée 162 500 € par NEO Enchères
Composition, 1933, huile, tempera et fusain sur toile, 48,7 × 66 cm, adjugée 162 500 € frais compris par NEO Enchères en juin 2024 — plus de huit fois l’estimation haute

NEO Enchères connaît ce marché pour l’avoir éprouvé : en juin 2024, notre étude a porté une toile de 1933 estimée 15 000-20 000 € jusqu’à 162 500 € frais compris, à Drouot. L’analyse qui suit s’appuie sur 553 résultats d’adjudications enregistrés entre 2013 et 2026, issus de la base de données constituée et vérifiée par NEO Enchères, complétés par les ventes de l’étude elle-même. Si vous possédez une huile, une aquarelle, un dessin ou un livre illustré de l’artiste, vous pouvez en demander une estimation gratuite ; les repères ci-dessous vous situeront déjà.

Synthèse des prix des œuvres de Joseph Sima

Le prix d’une œuvre de Joseph Sima va de quelques centaines d’euros pour une estampe ou un livre illustré à près de deux millions d’euros pour une grande toile d’avant-guerre ou de la maturité. Le tableau ci-dessous résume les niveaux constatés sur les ventes publiques, en prix marteau hors frais, selon la base de données NEO Enchères.

Catégorie d’œuvre Prix médian Enchère maximale
Huile sur toile 90 000 € 1 943 000 €
Technique mixte 17 000 € 173 500 €
Aquarelle et gouache 8 300 € 142 700 €
Dessin, encre et fusain 6 300 € 173 500 €
Estampe 550 € 11 200 €
Livre illustré 440 € 15 000 €

Première lecture : la technique fixe l’ordre de grandeur, et l’écart est vertigineux. Une huile de Joseph Sima vaut en médiane plus de dix fois une aquarelle, elle-même quinze fois au-dessus de l’estampe. Ce n’est pas un marché de complaisance : parmi les huiles de notre base assorties d’une estimation, 59 % ont dépassé leur estimation haute, et 9 % seulement des huiles présentées sont restées invendues. Quand une toile de Sima paraît en salle, elle trouve preneur.

Seconde lecture : les maxima des œuvres sur papier n’ont rien d’anecdotique. Un fusain de 1934, Krajina z Brie, a atteint l’équivalent de 173 500 €, une aquarelle monumentale de 153 × 243 cm l’équivalent de 142 700 €. Ces feuilles-là sont des cartons de compositions majeures, pas des études de poche. Le possesseur d’un dessin de Joseph Sima daté des années 1930 tient peut-être bien plus qu’un dessin.

Cote des tableaux de Joseph Sima : dynamique et évolution du marché

La cote de Joseph Sima a changé d’échelle en dix ans : la médiane annuelle des huiles est passée de 47 500 € en 2016 à des niveaux compris entre 100 000 € et 200 000 € depuis 2022, selon la base de données NEO Enchères. Le point haut de 2022 correspond à l’arrivée en salle de plusieurs toiles de premier plan ; les années suivantes confirment un plateau élevé plutôt qu’un reflux, et les huit premiers mois de 2026 s’établissent à 173 500 € de médiane.

Évolution de la cote de Joseph Sima de 2016 à 2026, prix médian annuel des huiles
Médiane annuelle des adjudications d’huiles de Joseph Sima, prix marteau, 2016-2026

Ce marché a une particularité que le vendeur doit connaître : il se joue dans deux capitales. Les maisons tchèques paient les huiles plus cher que les maisons françaises — 104 000 € de médiane contre 65 000 € —, car Sima y est traité en gloire nationale, au même rang que Kupka ou Toyen. À Paris, l’offre est plus abondante et plus variée ; à Prague, la demande est plus âpre. Une œuvre bien documentée mise en vente à Drouot attire d’ailleurs ces mêmes enchérisseurs tchèques par téléphone et en ligne : notre toile de 1933 en a fait la démonstration. Sur l’ensemble de la base, 53 % des lots vendus dépassent leur estimation haute, et 15 % la doublent.

Prix des huiles sur toile de Joseph Sima

Une huile sur toile de Joseph Sima se vend le plus souvent entre 41 000 € et 188 000 € au marteau, avec une médiane de 90 000 € calculée sur 171 adjudications. La distribution est étonnamment régulière : trois toiles sur dix sous 50 000 €, un quart au-delà de 200 000 €, et près d’une sur deux dans le cœur de marché, entre 50 000 € et 200 000 €. Huit toiles ont franchi les 500 000 €.

Distribution des prix des huiles de Joseph Sima aux enchères par tranche de prix
Répartition des 171 adjudications d’huiles de Joseph Sima par tranche de prix, 2015-2026

Le format est un levier de valeur brutal. Sima pensait grand — ses plaines, ses terres, ses orages de lumière respirent mieux sur deux mètres que sur quarante centimètres — et le marché le paie en conséquence :

Format de l’huile Prix médian Enchère maximale
Jusqu’à 50 cm 34 700 € 160 000 €
De 50 à 80 cm 118 000 € 530 000 €
De 80 à 120 cm 254 000 € 1 027 000 €
Au-delà de 120 cm 640 000 € 1 943 000 €

Entre un petit format et une toile de plus de 120 cm, le prix médian est multiplié par dix-huit. Les résultats récents illustrent chaque étage : En mouvement (1959), 89 × 116 cm, adjugée 460 000 € au marteau à Paris en 2026 ; Paysage de Brie (1950), 97 × 130 cm, 400 000 € en région parisienne en 2025 ; Terre le long du fil (1961), 92 × 73 cm, 340 000 € à Drouot en 2023. À l’autre bout, les toiles de moins de 40 cm forment le point d’entrée du marché, le plus souvent entre 17 700 € et 39 000 €. Précision utile au possesseur : même un petit format signé mérite l’expertise, car la période peut bouleverser ce barème — nous y revenons plus bas.

Prix des aquarelles et gouaches de Joseph Sima

Une aquarelle de Joseph Sima s’estime le plus souvent entre 5 000 € et 13 000 € au marteau, avec une médiane de 8 300 € sur 100 lots vendus. C’est la porte d’entrée la plus fréquentée du marché, alimentée par les feuilles des années 1955-1970 : formats autour de 37 × 27 cm, aquarelle pure ou mêlée de gouache, d’encre et de pastel, très souvent passées par la galerie Paul Facchetti, qui diffusa l’œuvre de Sima à partir des années 1950. Ces provenances Facchetti reviennent si régulièrement dans les catalogues qu’elles font office de pedigree.

La date change tout : les aquarelles créées avant 1950, beaucoup plus rares, s’échangent à 27 000 € de médiane, plus de trois fois le niveau des feuilles d’après-guerre. Boussole (1928) a atteint l’équivalent de 114 600 €, et Le vide et le vent, feuille géante préparatoire, 142 700 €. Une aquarelle datée des années 1920-1930 ne se vend jamais sans vérification sérieuse de sa période.

Prix des dessins, encres et techniques mixtes

Un dessin de Joseph Sima — encre, crayon, fusain — se négocie en médiane à 6 300 €, le plus souvent entre 3 700 € et 13 700 €, tandis que les techniques mixtes montent à 17 000 € de médiane. Là encore, la période commande : les feuilles de 1918-1932, portraits d’amis poètes et compositions du Grand Jeu, s’échangent autour de 13 100 €, quand les rares grands cartons des années 1933-1949 dépassent 100 000 € de médiane — six lots seulement dans notre base, dont The Return of Theseus (1933-1934), adjugé l’équivalent de 150 400 €, et le fusain Krajina z Brie (1934), 60 × 87 cm, record de la catégorie à 173 500 €.

Distribution des prix des aquarelles et dessins de Joseph Sima par tranche de prix
Répartition des 201 aquarelles, dessins et techniques mixtes de Joseph Sima par tranche de prix, 2015-2026

Combien vaut une estampe de Joseph Sima ?

Une estampe signée de Joseph Sima vaut le plus souvent entre 380 € et 880 €, avec une médiane de 550 € sur 82 lots vendus. Le segment est le plus sélectif du marché : 41 % des estampes présentées restent invendues, car l’offre mêle des choses très inégales. Au sommet, les eaux-fortes anciennes tirent leur épingle du jeu — une planche Paris a atteint 11 200 €, une eau-forte pour Le Paradis perdu de Jouve 10 200 €. Une lithographie ou une gravure signée et numérotée au crayon (tirages courants de 50 à 60 épreuves) se tient dans la fourchette habituelle ; les planches d’illustration non signées, extraites de livres, se contentent de quelques dizaines à quelques centaines d’euros. Les affiches d’exposition constituent un marché d’appoint : celle du Musée de Reims (1963), lithographiée chez Mourlot, existe en tirage signé et numéroté qui la fait changer de statut.

Prix des livres illustrés par Joseph Sima : Jouve, Char, Gilbert-Lecomte

Un livre illustré par Joseph Sima se négocie le plus souvent entre 250 € et 1 300 €, avec une médiane de 440 € sur 96 exemplaires vendus depuis 2013. Ce corpus raconte les amitiés littéraires du peintre : Le Livre de mariage (1922, son premier livre orné de bois, tiré à 210 exemplaires sur vergé de Montval), Beau regard (1927) et La Symphonie à Dieu (1930) de Pierre Jean Jouve, Kyrie (1938), La Vie l’Amour la Mort le Vide et le Vent de Gilbert-Lecomte (1933), jusqu’à L’Effroi la joie de René Char (1971), l’année même de sa mort, dont les exemplaires s’échangent autour de 1 850 €. Les sommets appartiennent aux exemplaires en grande reliure ou enrichis : un Spleen de Paris de Baudelaire (1932) relié a atteint 15 000 €, un Sacre et massacre de l’amour (1960) près de 9 000 €. La règle est simple : le tirage de tête, la reliure signée ou la suite d’eaux-fortes font le prix, l’exemplaire courant reste modeste.

Les trois périodes de Joseph Sima : quelle époque fait les prix ?

Le marché lit la carrière de Sima en trois chapitres, et l’écart de valeur entre eux est l’un des plus marqués de la peinture moderne : 308 500 € de médiane pour les huiles de l’entre-deux-guerres, 100 000 € pour celles des années 1950, 92 500 € pour la période finale, selon la base de données NEO Enchères. Dater une œuvre de Sima, c’est déjà l’estimer — d’autant que l’artiste a cessé de peindre de 1939 à 1949, ce qui coupe l’œuvre en deux versants bien distincts.

Prix des huiles de Joseph Sima par période de création : entre-deux-guerres, années 1950, période de la lumière
Fourchettes de prix habituelles des huiles de Joseph Sima selon leur période de création, prix marteau

Des débuts pragois aux premières années parisiennes (1909-1926)

Formé aux écoles d’arts décoratifs et des beaux-arts de Prague à partir de 1909, membre du groupe d’avant-garde Devětsil, Sima passe par les ateliers de vitraux Mauméjean à Hendaye avant de s’installer à Paris en 1921, où il sert de correspondant à ses camarades pragois. Il obtient la nationalité française en 1926. Les œuvres de ces années sont rarissimes en vente : notre base n’en recense qu’une poignée, dont un portrait à l’encre de 1926 monté à l’équivalent de 46 300 €. À Prague, il illustre dès 1925 des éditions de bibliophilie comme Venuše s červenou parukou (Aventinum) — un pan tchèque de l’œuvre que les libraires connaissent mieux que les galeristes.

Le Grand Jeu et l’entre-deux-guerres (1927-1939) : le sommet de la cote

Une huile de Joseph Sima créée entre 1927 et 1939 se négocie le plus souvent entre 85 000 € et 707 000 €, pour une médiane de 308 500 € — plus de trois fois la période d’après-guerre. C’est le moment où tout se cristallise : en 1928, Sima cofonde le Grand Jeu avec Gilbert-Lecomte, Daumal et Vailland, et assure la direction artistique de la revue du groupe, qui refuse la tutelle d’André Breton. Ses toiles mêlent alors cristaux, œufs, torses flottants et paysages mentaux traversés d’éclairs. Le marché s’arrache ces témoins : ML (1927) a atteint l’équivalent de 1 198 500 €, Europa (1927) plus d’un million en 2026, Épave (1932) 600 000 € dès 2016. Quinze huiles seulement de cette période sont passées en vente dans notre base en dix ans : la rareté fait le reste.

Le retour à la peinture et la conquête de la lumière (1950-1971)

Après dix ans de silence, Sima reprend les pinceaux en 1950 et entame la partie la plus abondante de son œuvre — celle qu’un possesseur a statistiquement le plus de chances de détenir. Les huiles des années 1950 (médiane 100 000 €) déclinent les terres et les plaines, Paysage de Brie en tête ; celles de 1960-1971 (médiane 92 500 €, fourchette courante 41 500-221 000 €) dissolvent la matière dans la lumière, des Orphée de 1957-1958 aux ultimes toiles blanches. C’est cette période que consacrent les rétrospectives — Musée de Reims en 1963, Musée National d’Art Moderne en 1968, hommage du château de Ratilly en 1973, jusqu’à l’exposition d’Issoudun en 2015 — et c’est elle qui fournit les records absolus quand le format suit : Terre (1960), 175 × 285 cm, culmine à l’équivalent de 1 943 000 €. Attention toutefois : c’est aussi la période la plus hétérogène, où une petite toile s’échange à 20 000 € quand une grande dépasse le demi-million.

Résultats de ventes de Joseph Sima chez NEO Enchères

NEO Enchères a adjugé trois œuvres de Joseph Sima, dont une toile de 1933 portée à 162 500 € frais compris sur une estimation de 15 000-20 000 € — le deuxième plus haut résultat enregistré en France pour l’artiste en 2024, selon notre base. Les trois lots, tous vendus, illustrent trois étages du marché.

Œuvre Estimation Adjudication (frais compris)
Composition, 1933, technique mixte (huile, tempera et fusain) sur toile, 48,7 × 66 cm 15 000 – 20 000 € 162 500 €
Composition, 1930, crayon gras sur papier, 64 × 29,5 cm 8 000 – 12 000 € 22 100 €
Composition abstraite, technique mixte sur papier, 14 × 12 cm 2 000 – 3 000 € 4 160 €

Les deux premières venaient de la même provenance, une collection particulière qui les tenait directement de l’artiste — l’argument de vente le plus puissant qui soit pour un Sima. Présentées à Drouot le 18 juin 2024 avec le concours du cabinet Brame & Lorenceau, elles ont déclenché exactement le scénario décrit plus haut : la toile de 1933, période reine de l’entre-deux-guerres, a vu son estimation multipliée par huit sous les enchères croisées des collectionneurs français et tchèques ; le crayon gras de 1930, format inhabituel de 64 × 29,5 cm, a doublé la sienne.

Composition, 1930, crayon gras sur papier de Joseph Sima adjugé 22 100 € par NEO Enchères
Composition, 1930, crayon gras sur papier, 64 × 29,5 cm, signé « Sima » et daté, adjugé 22 100 € frais compris par NEO Enchères en juin 2024

La troisième, une Composition abstraite de 14 × 12 cm signée au crayon et annotée « 983-54 », vendue 4 160 € frais compris en octobre 2023, rappelle que le marché de Sima commence bien avant les six chiffres : les petits formats à quatre chiffres existent, et ils se placent sans difficulté quand la signature est nette et la provenance établie.

Composition abstraite, technique mixte sur papier de Joseph Sima vendue par NEO Enchères
Composition abstraite, technique mixte sur papier, 14 × 12 cm, annotée « 983-54 », adjugée 4 160 € frais compris par NEO Enchères en octobre 2023

Identifier la signature de Joseph Sima et les inscriptions sur les œuvres

Joseph Sima signe « Sima », en lettres latines — la francisation de la signature accompagne celle de l’homme, né Šíma en Bohême. Elle s’est faite par degrés : sur la toile de 1933 vendue par notre étude, la petite graphie en minuscules conserve un net souvenir tchèque, quand les œuvres d’après-guerre portent le « Sima » cursif francisé. L’emplacement et la forme de cette signature, et surtout ce qui l’accompagne au dos, renseignent immédiatement l’expert. Voici ce que nous regardons.

Sur la face : « Sima » suivi de la date

Dans l’immense majorité des cas, la signature se trouve en bas à droite, suivie de la date — le bas à gauche est nettement minoritaire dans notre base. Après-guerre, Sima date volontiers à deux chiffres : « 60 », « 65 », « 68 », parfois d’une graphie elliptique comme « 6X ». On rencontre aussi des formes plus développées : « J. SIMA 60 » à l’encre sur une aquarelle de 1960, « J.SIMA 1932-33 » au crayon sur un paysage surréaliste d’avant-guerre. Sur les feuilles, la signature est posée au crayon ou à l’encre ; sur les toiles, elle est peinte dans la matière. Deux raretés à connaître : quelques toiles ne portent que des initiales — un Orphée (noir) de 1958 est signé ainsi —, et certaines œuvres offertes portent une dédicace nominative (« à Madame et Monsieur… »), qui ancre l’œuvre dans le cercle amical de l’artiste sans nuire à sa valeur.

Signature Sima 1930 au crayon en bas à droite du dessin vendu par NEO Enchères
« Sima 1930 » : la signature cursive au crayon, en bas à droite de la Composition adjugée 22 100 € frais compris par NEO Enchères
Signature šima 1933 en petites lettres sur la toile de Joseph Sima vendue par NEO Enchères
« šima 1933 » en petites lettres, encore proche de la graphie tchèque, sur la toile adjugée 162 500 € frais compris par NEO Enchères

Au dos : contresignatures, titres et numéros d’inventaire

Le dos d’une toile de Sima est souvent plus bavard que la face. L’artiste contresigne, titre et date fréquemment ses huiles au verso ou sur le châssis : La Plaine de Milan (1962) est « contresignée, titrée et datée au dos », Plaine (1962) l’est également, et notre base recense une douzaine de cas semblables. S’y ajoutent des numéros d’inventaire — « G417 » au verso de Lumière horizontale 1 (1969), « 1515 » au dos de Claire-voie (1965), « 983-54 » sur l’œuvre vendue par notre étude — dont la présence rattache l’œuvre aux registres d’atelier ou de galerie. Les étiquettes complètent le dossier : galerie Paul Facchetti pour les années 1950-1960, galerie Le Point Cardinal ensuite, et les étiquettes d’expositions muséales (Reims 1963, Musée National d’Art Moderne 1968, Ratilly 1973, Bochum, Issoudun 2015) qui valent certificat de sérieux. Photographiez toujours le dos avant de demander une estimation : il contient la moitié de la valeur documentaire.

Comment authentifier et expertiser une œuvre de Joseph Sima ?

Il n’existe pas de comité d’authentification unique pour Joseph Sima : l’expertise repose sur un faisceau de preuves que seul un professionnel assemble correctement. La provenance d’abord — un passage par les galeries historiques de l’artiste (Paul Facchetti, Le Point Cardinal, Edwin Engelberts à Genève) ou une acquisition directe auprès de Sima se documentent par étiquettes, factures et correspondances. La bibliographie ensuite : la monographie de František Šmejkal, référence absolue sur l’artiste, et les catalogues des grandes rétrospectives permettent de rattacher une œuvre au corpus publié. L’œil enfin : la matière de Sima, ses glacis de lumière, sa gamme de terres et de bleus se contrefont mal. Pour sa vente de 2024, notre étude s’est appuyée sur le cabinet Brame & Lorenceau, expert reconnu en peinture moderne — c’est ce type de collaboration qui sécurise une adjudication à six chiffres.

Les pièges du marché : planches non signées, offset et « d’après »

Trois confusions reviennent sans cesse. La première : les eaux-fortes d’illustration non signées et non numérotées, extraites des livres, qu’un encadrement flatteur fait passer pour des estampes de collection — un ensemble de dix-huit eaux-fortes de ce type s’est vendu autour de 1 000 € au marteau, soit quelques dizaines d’euros la planche. La deuxième : les reproductions offset et les affiches, parfois proposées comme des lithographies originales ; une reproduction de Composition s’est négociée quelques dizaines d’euros, et les affiches non signées plafonnent au même niveau — seules les épreuves signées et numérotées, comme celles du Musée de Reims, montent à quelques centaines d’euros. La troisième : les gravures « d’après Sima », contresignées et numérotées, qui relèvent de l’édition posthume ou dérivée. À quoi s’ajoute la question de l’état, décisive sur les feuilles : mouillures, rousseurs et insolation frappent durement les papiers des années 1920-1930, et une restauration visible pèse sur le prix. Toutes ces vérifications se font en quelques minutes sur photographies — avant, surtout, de vendre une planche au prix d’une aquarelle ou l’inverse.

Faire estimer une œuvre de Joseph Sima par nos experts

Vous détenez une toile, une aquarelle, un dessin ou un livre illustré de Joseph Sima, hérité d’une collection familiale ou acquis en galerie ? Notre étude a démontré sa capacité à obtenir des résultats exceptionnels sur cet artiste — 162 500 € frais compris sur une estimation de 15 000-20 000 € — en mobilisant les acheteurs français et tchèques qui font ce marché.

Une estimation gratuite en ligne, simple et rapide

Remplissez notre formulaire d’estimation gratuite 👉 en joignant :

  • des photographies de la face et du dos (châssis, étiquettes, inscriptions, numéros d’inventaire) ;
  • un gros plan de la signature et de la date — même partielle ou effacée ;
  • les dimensions, la technique présumée et tout élément de provenance : facture de galerie, certificat, histoire familiale.

Un commissaire-priseur vous répond sous 48 heures avec une fourchette fondée sur les résultats réels du marché, sans engagement.

Une expertise physique dans nos bureaux si nécessaire

Une toile de Sima demande souvent un examen direct : matière, glacis, état du support, cohérence de la signature avec la période. Nous vous recevons sur rendez-vous dans nos bureaux parisiens — Saint-Germain-des-Prés (7 rue d’Assas, Paris 6e), Élysée (15 rue de Miromesnil, Paris 8e) et Pasteur (6 rue Bargue, Paris 15e) — et nous nous déplaçons en région pour les ensembles et les successions.

En vue d’une vente, nous gérons toute la logistique

Transport assuré, rapport de condition, photographies professionnelles, recherches de provenance, collaboration avec les experts spécialisés, catalogage et diffusion internationale — notamment auprès des collectionneurs tchèques, décisifs sur cet artiste — jusqu’à la vente à Drouot : l’étude prend chaque étape en charge, du premier contact au règlement.


Méthodologie d’analyse et sources des données d’estimation présentées

Les chiffres de cette page proviennent de la base de données constituée et vérifiée par NEO Enchères, qui recense les adjudications de ventes publiques françaises, européennes et internationales. Pour Joseph Sima, 553 lots vendus entre 2013 et 2026 ont été retenus — 457 œuvres et 96 livres illustrés — après exclusion des invendus, des attributions incertaines (« attribué à », « d’après », « entourage de »), des lots de documentation et des doublons ; les résultats obtenus hors zone euro, nombreux sur cet artiste très disputé à Prague, sont convertis en euros au cours du jour de la vente. Sauf mention contraire, les prix indiqués sont des prix marteau, hors frais acheteur ; les résultats de NEO Enchères sont donnés frais compris, comme précisé dans le tableau concerné. Les médianes sont systématiquement préférées aux moyennes, moins sensibles aux enchères d’exception. Ces repères restent indicatifs : période, format, sujet, état et provenance peuvent situer une œuvre donnée très au-dessus ou en dessous des fourchettes publiées. Pour connaître la valeur de votre œuvre de Joseph Sima, sollicitez une estimation gratuite auprès de nos commissaires-priseurs.

Photo portrait Gwenola Bovis commissaire priseur habilité NEO Enchères

Gwenola BOVIS

commissaire-priseur

09 78 80 42 53

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