
Antoine-Louis BARYE
Sommaire
- Synthèse des prix des œuvres d’Antoine-Louis Barye
- Cote des bronzes d’Antoine-Louis Barye : prix, modèles et tailles
- Dater un bronze de Barye : fonte du vivant, Barbedienne ou fonte tardive ?
- Résultats de ventes d’Antoine-Louis Barye chez NEO Enchères
- Identifier la signature de Barye, les cachets et les marques de fondeur
- Comment authentifier et expertiser un bronze d’Antoine-Louis Barye ?
- Faire estimer un bronze d’Antoine-Louis Barye par nos experts
- Méthodologie d’analyse et sources des données d’estimation présentées
En 2026, un bronze d’Antoine-Louis Barye se vend le plus souvent entre 550 € et 3 000 € au marteau, pour un prix médian de 1 300 €. Les grands groupes à figures, comme le Thésée combattant le Minotaure, dépassent régulièrement 15 000 €. À modèle égal, une fonte réalisée du vivant de l’artiste vaut près de trois fois une édition posthume ordinaire. Nos commissaires-priseurs vous communiquent une estimation gratuite sous 48 heures.
Antoine-Louis BARYE (1795-1875) a fait entrer les fauves dans la grande sculpture française. Son Tigre dévorant un gavial fait sensation au Salon de 1831. Le Lion au serpent, commandé par Louis-Philippe, est installé aux Tuileries. Le sculpteur passe des journées à dessiner les animaux de la ménagerie du Jardin des Plantes, où il enseigne le dessin zoologique à partir de 1854. Il entre à l’Académie des beaux-arts en 1868. Sa cote reste pourtant accessible, parce que Barye est aussi l’un des sculpteurs les plus édités du XIXe siècle. Ses lions, panthères et éléphants ont été fondus en bronze des milliers de fois, de son vivant puis pendant près de quatre-vingts ans après sa mort.

Les prix cités sur cette page s’appuient sur plus de mille adjudications d’œuvres de Barye prononcées depuis 2023, dont 963 bronzes, issues de la base de données constituée et vérifiée par NEO Enchères. Elle s’appuie aussi sur les huit bronzes de Barye présentés par l’étude depuis 2023. Chez ce sculpteur, la vraie question n’est presque jamais « est-ce un Barye ? » mais « quand et par qui a-t-il été fondu ? ». C’est là que se joue l’essentiel de la valeur, et c’est ce que cette page s’attache à rendre lisible.
Synthèse des prix des œuvres d’Antoine-Louis Barye
Le prix d’une œuvre d’Antoine-Louis Barye va de quelques centaines d’euros pour une petite fonte tardive à plus de 80 000 € au marteau pour un grand groupe équestre. Neuf fois sur dix, c’est un bronze qui passe en vente. Le tableau ci-dessous résume les grandes catégories en prix marteau, hors frais.
| Catégorie d’œuvre | Prix médian | Enchère maximale |
|---|---|---|
| Bronze animalier | 1 200 € | 46 400 € (paire) |
| Groupe ou figure humaine en bronze (Thésée, cavaliers, divinités) | 6 900 € | 81 100 € |
| Objet d’art en bronze (flambeaux, candélabres, encriers) | 950 € | 33 800 € |
| Bas-relief et plaque en bronze | 650 € | 9 400 € |
| Dessin (crayon, sanguine, pierre noire) | 600 € | 38 000 € |
| Épreuve « d’après » ou surmoulage | 350 € | rarement au-delà de 800 € |
Ce qui frappe d’abord, c’est l’écart entre les animaliers et les groupes à figures. Un bronze animalier de Barye reste le plus souvent sous les 2 500 €, alors qu’un Thésée, un Guerrier tartare ou un Duc d’Orléans atteint des montants cinq à quinze fois supérieurs. Ces compositions ont été beaucoup moins éditées, et leur fonte en plusieurs pièces demandait bien plus de travail.
Les dessins et les peintures de Barye, eux, sont rares en vente : quelques feuilles par an, et les huiles restent exceptionnelles. Le dessin de Barye se négocie autour de 600 € quand il porte le cachet de la vente d’atelier, mais une composition aboutie à la pierre noire, un Léopard écrasant une civette, a atteint 38 000 € en 2026. Un Jaguar peint à l’huile s’est vendu près de 30 000 € en 2023. Ces pièces rares s’estiment au cas par cas.
Cote des bronzes d’Antoine-Louis Barye : prix, modèles et tailles
La cote des bronzes de Barye progresse depuis 2023. Un bronze de Barye qui se vendait autour de 1 200 € début 2023 trouve aujourd’hui preneur autour de 1 800 € à 1 900 €. La hausse est régulière, sans emballement.

La demande reste profonde, et elle récompense la documentation : comme on le verra plus bas, un bronze dont la fonte est identifiée et la référence au catalogue raisonné citée se vend nettement plus cher. Près d’un bronze sur trois reste invendu, mais quand la pièce est bien présentée, les enchères s’animent : deux bronzes sur cinq dépassent leur estimation haute, et plus d’un sur quatre double l’estimation basse.

Le marché de Barye est large et étagé. Quatre bronzes sur dix se vendent sous 1 000 € : lapins, tortues, chiens et petites panthères, souvent en fonte tardive. Le cœur du marché, entre 1 000 € et 5 000 €, rassemble près de la moitié des ventes. Au-delà de 10 000 €, les adjudications se comptent à moins d’une vingtaine par an, presque toutes pour des groupes à figures, des combats d’animaux ou des grands modèles, souvent de plus de 35 cm.
Prix des bronzes de Barye par modèle
Le modèle fixe le niveau de départ d’une estimation, avant même d’examiner la fonte. Les sujets les plus édités restent les plus accessibles, tandis que les groupes complexes, tirés en petit nombre, commandent des prix nettement supérieurs.
| Modèle ou famille de sujets | Prix médian | Enchère maximale |
|---|---|---|
| Thésée combattant le Minotaure | 19 500 € | 79 000 € |
| Thésée combattant le centaure Biénor | 6 400 € | 25 500 € |
| Guerrier tartare arrêtant son cheval | 6 100 € | 16 000 € |
| Lion assis | 5 000 € | 34 700 € |
| Cheval turc | 3 000 € | 35 000 € |
| Ours (debout, assis, dénicheur) | 2 400 € | 17 500 € |
| Lion qui marche | 2 350 € | 15 000 € |
| Éléphant du Sénégal | 2 100 € | 8 600 € |
| Groupes de chasse et combats d’animaux | 1 950 € | 38 100 € |
| Tigre qui marche | 1 800 € | 12 500 € |
| Jaguar qui marche, Jaguar debout | 1 600 € | 5 100 € |
| Lion au serpent (réductions) | 1 200 € | 30 700 € |
| Cerfs, daims et chevreuils | 1 000 € | 7 000 € |
| Panthère de Tunis | 830 € | 2 850 € |
| Aigles et oiseaux | 800 € | 10 000 € |
| Chiens (bassets, braques, épagneuls) | 780 € | 7 800 € |
| Lionnes et panthères couchées | 630 € | 19 000 € |
| Lapins et lièvres | 430 € | 2 600 € |

Un même modèle peut pourtant couvrir des écarts considérables. Le Lion au serpent en est le meilleur exemple : son prix courant de 1 200 € reflète surtout les petites réductions fondues en grand nombre, alors qu’une épreuve ancienne du Lion au serpent n°1, estampillée et datée 1838, a été adjugée plus de 30 000 € en 2024. Le Lion assis suit la même logique. Le Lion assis n°1, haut de 36 cm, se vend entre 8 000 € et 35 000 €, quand les réductions de 20 cm restent le plus souvent sous 2 500 €.
La taille d’un bronze de Barye change-t-elle son prix ?
Oui, mais par paliers et non de façon linéaire. Sous 10 cm, lapins, tortues et petits chiens se vendent autour de 700 €. Entre 10 et 15 cm, on monte à 1 350 €, puis on redescend à 900 € entre 15 et 20 cm, une taille où abondent les réductions sans indication de fonte. Le vrai seuil se situe à 20 cm : comptez 2 200 € de 20 à 30 cm, puis 4 900 € entre 30 et 45 cm. Au-delà, les prix s’étalent de 1 100 € à plus de 15 000 € : un grand bronze n’a de valeur que si la fonte est à la hauteur.
Dater un bronze de Barye : fonte du vivant, Barbedienne ou fonte tardive ?
Dater la fonte d’un bronze de Barye est l’étape qui fait le plus varier son estimation. À modèle identique, un bronze vaut près de trois fois son prix habituel lorsqu’il sort de l’atelier du sculpteur, près du double lorsqu’il porte le cachet or de Barbedienne, et presque deux fois moins lorsque rien ne permet de le dater. Barye a créé environ 230 modèles. Presque tous ont été fondus pendant des décennies, par plusieurs fondeurs successifs, avec des soins très inégaux.

Avant 1875 : les fontes réalisées du vivant de Barye
Barye est l’un des premiers sculpteurs à éditer lui-même ses œuvres. En 1845, il fonde avec Émile Martin la société Barye & Cie, qui produit ses bronzes jusqu’en 1857. Les épreuves de ces années portent souvent, en plus de la signature, une estampille « BARYE » suivie d’un numéro frappé dans le métal. On en rencontre régulièrement : « BARYE 3 » sur un Braque en arrêt sur un faisan, « BARYE 22 » sur une Panthère couchée. Après 1857, Barye reprend seul la production jusqu’à sa mort, le 25 juin 1875. L’estampille numérotée se rencontre encore, comme sur ce Cerf dix cors terrassé par deux lévriers poinçonné « Barye » avec le chiffre onze. Les catalogues parlent alors de « fonte d’atelier » ou de « fonte de l’atelier Barye ».
Ces épreuves se reconnaissent d’abord à l’œil et à la main. La fonte au sable est dense et le métal a des reflets rosés. La ciselure reprend le pelage, les griffes et les feuillages de la terrasse avec une précision que les éditions ultérieures ne retrouvent pas. Les patines vont du brun clair au rouge soutenu ou au vert profond. Certaines portent un numéro d’inventaire à l’encre sous la terrasse (« 1338 » sur un Lion au serpent n°1, « D.202 » sur un Tigre dévorant un gavial). Quelques éditeurs ont aussi diffusé Barye de son vivant, comme Delesalle ou le fondeur Eck et Durand. Leurs réductions sont parfois cataloguées « d’après », à tort. Une fonte d’atelier se négocie autour de 3 200 €, et jusqu’à 34 000 € pour un grand groupe.
1876-1954 : les éditions posthumes de Barbedienne
En février 1876, la vente après décès de l’atelier disperse les modèles à Drouot. Ferdinand Barbedienne en acquiert environ 125 et va les éditer pendant plus de soixante-dix ans. C’est de loin le fondeur que l’on rencontre le plus souvent en vente : près d’un bronze de Barye sur cinq porte sa marque. Leur signature de fondeur évolue avec le temps. « F. BARBEDIENNE Fondeur », gravé ou frappé sur la terrasse, correspond au XIXe siècle. « Barbedienne Fondeur Paris » apparaît au début du XXe siècle, sous la direction des Leblanc-Barbedienne, et la maison ferme en 1954.
Le détail décisif est le cachet or « FB », un petit médaillon doré appliqué sur la terrasse des fontes des premières années, de 1876 à 1889, réputées les plus soignées. Il double pratiquement la valeur. Une épreuve Barbedienne à cachet or se négocie autour de 2 950 €, contre 1 500 € sans ce cachet. Sous la terrasse, les épreuves Barbedienne portent souvent des numéros frappés ou peints qui servaient au suivi de l’atelier : « 444 » frappé au tas sur un Guerrier tartare, « II 43 » en creux et « 3724 » à l’encre sur un Jaguar debout, « 43 » et « TT » sous un Éléphant du Sénégal.

Brame, Thiébaut, Susse : les autres fondeurs posthumes
Le marchand Hector Brame a lui aussi acquis des modèles en 1876. Ses fontes, plus rares, sont d’excellente facture. On les reconnaît à une marque « HB » ou « H » sous la terrasse, parfois accompagnée d’un « C » qui renvoie au ciseleur Henri Coupens. Elles se vendent autour de 3 100 €, au niveau des fontes d’atelier. Viennent ensuite les éditions de Thiébaut (entre 1876 et 1901), Susse, Collin ou Delafontaine, dont la marque est « AD ». Elles sont plus inégales et se négocient autour de 1 100 €, avec de belles exceptions.
Fontes tardives, surmoulages et bronzes « d’après »
Tout au long du XXe siècle, des fonderies ont surmoulé les bronzes de Barye à partir d’épreuves existantes. Le surmoulage perd de la matière à chaque génération. Il est plus petit de quelques pour cent que l’original, ses détails sont mous, sa terrasse est souvent lisse et sa patine plate, parfois « médaille » ou dorée. Certains portent des cachets sans rapport avec Barye, comme « Bronze garanti » ou un tampon « cire perdue » moderne. Depuis 1981, une reproduction doit porter la mention « reproduction », mais les exemplaires plus anciens n’ont aucune obligation. Ces bronzes se vendent autour de 350 €, et huit sur dix restent sous 1 000 €. Les fontes posthumes tardives sans fondeur identifié ne font guère mieux (450 €).
Le mot « d’après » demande cependant une lecture attentive, car les catalogues ne l’emploient pas tous de la même façon. Pour les uns, il désigne un surmoulage. Pour d’autres, il signale simplement une fonte posthume, voire une réduction d’éditeur du vivant de Barye. On voit ainsi passer des Barbedienne, et même une réduction Delesalle du vivant de Barye, présentés « d’après ».
Une fonte non documentée se vend deux fois moins cher
C’est peut-être la leçon la plus utile pour un vendeur. Les bronzes présentés sans aucune indication de fonte, ni fondeur, ni époque, ni référence, se vendent autour de 600 €, 40 % sous le prix habituel du même modèle. Dans le doute, l’acheteur suppose le pire. Une épreuve correctement datée, avec sa référence au catalogue raisonné et des photographies des marques, obtient au contraire une prime nette : un bronze présenté avec son numéro Poletti-Richarme se vend autour de 1 800 €, contre 1 200 € sans cette référence. Le travail d’expertise sert donc directement le prix de vente.
L’absence de cachet de fondeur ne condamne pas un bronze pour autant : les fontes sorties de l’atelier de Barye n’en portent pas. Le Taureau chargeant adjugé par NEO Enchères en novembre 2024 en est un bon exemple. Signé BARYE, sans aucune marque de fondeur, monté sur un socle de marbre à gradins, il était estimé 1 500 à 2 000 €. Les enchérisseurs ont reconnu la qualité de l’épreuve et l’ont porté à 26 650 € frais compris.

Résultats de ventes d’Antoine-Louis Barye chez NEO Enchères
NEO Enchères a adjugé sept bronzes d’Antoine-Louis Barye depuis 2023, à Drouot et dans ses salles de la rue Bargue. Cinq ont dépassé leur estimation haute. Ensemble, ils couvrent toute la chronologie des fontes, de l’édition ancienne à la fonte Barbedienne tardive, et permettent de mesurer concrètement l’écart de valeur entre deux épreuves du même modèle.
| Œuvre | Estimation | Adjudication (frais compris) |
|---|---|---|
| Taureau chargeant, bronze signé sans cachet de fondeur, 18 × 28 cm (novembre 2024) | 1 500 – 2 000 € | 26 650 € |
| Guerrier tartare arrêtant son cheval, fonte d’édition ancienne, 37 × 36 cm (avril 2023) | 8 000 – 12 000 € | 14 560 € |
| Guerrier tartare arrêtant son cheval, fonte posthume F. Barbedienne, H. 36 cm (juin 2026) | 5 000 – 8 000 € | 8 450 € |
| Lion qui marche, plinthe rectangulaire, H. 23 cm, Poletti-Richarme A61 (avril 2026) | 1 000 – 2 000 € | 5 200 € |
| Cheval turc n°3, fonte F. Barbedienne, patine verte, Poletti-Richarme A131 (juin 2024) | 1 500 – 2 000 € | 2 860 € |
| Jaguar debout n°1, fonte Barbedienne à cachet or FB, Poletti-Richarme A92 (avril 2026) | 1 500 – 3 000 € | 2 600 € |
| Jaguar qui marche n°2, fonte Barbedienne numérotée 43 (mars 2024) | 1 500 – 2 500 € | 1 950 € |

La comparaison des deux Guerriers tartares vendus par l’étude résume l’enjeu de la datation. Même modèle, même taille à un centimètre près. L’épreuve d’édition ancienne a été adjugée 14 560 € en 2023, la fonte posthume de Barbedienne 8 450 € en 2026. Le modèle est l’un des plus célèbres du sculpteur : neuf épreuves en ont été tirées entre 1850 et 1857, et l’on estime à moins de cinquante le nombre de fontes anciennes connues.
Le Lion qui marche vendu en avril 2026 illustre l’autre versant. Estimé 1 000 à 2 000 €, il a atteint 5 200 € frais compris, bien au-dessus du prix habituel du modèle. La qualité de la fonte et sa patine brun-roux nuancée ont convaincu la salle. Dans la même vacation, le Jaguar debout à cachet or FB s’est vendu 2 600 €, au-dessus du prix habituel des jaguars.
Identifier la signature de Barye, les cachets et les marques de fondeur
La signature « BARYE » sur la terrasse
La signature de Barye est presque toujours « BARYE » en capitales, en relief ou en creux sur la terrasse, venue de fonte avec le modèle. Elle se place le plus souvent près d’une patte avant ou à l’arrière de la base, parfois sur le rocher pour les groupes. Quelques épreuves portent « A.L. BARYE », notamment les Thésée. D’autres associent signature et date du modèle, comme « BARYE 1836 » sur le Tigre dévorant un gavial ou « 1837 » sur la Gazelle d’Éthiopie. Cette date est celle de la création du modèle, pas de la fonte : elle se retrouve aussi sur les éditions posthumes.


Une signature seule ne prouve rien : un surmoulage la reproduit comme le reste du modèle, simplement un peu plus molle. Son absence, en revanche, fait chuter le prix. Un bronze non signé se vend le plus souvent autour de 200 €. Détail utile pour lire les catalogues : ils donnent indifféremment 1795 ou 1796 pour la naissance de l’artiste ; la date retenue par le musée du Louvre est 1795.
Sous la terrasse : estampilles, numéros et cachets
Le dessous d’un bronze de Barye en dit souvent plus long que sa face. L’estampille « BARYE » suivie d’un numéro frappé est caractéristique des fontes réalisées du vivant de l’artiste. Les marques de fondeur, « F. BARBEDIENNE Fondeur », « HB » pour Brame ou « AD » pour Delafontaine, situent l’édition posthume. Le cachet or FB date une fonte Barbedienne de 1876-1889. Les numéros frappés au tas ou peints à l’encre renvoient à l’inventaire des ateliers. Un bronze qui porte une estampille, un numéro frappé ou un numéro à l’encre se négocie autour de 2 100 €, contre 1 300 € sans ces marques.


Patine, socle et état : ce qui pèse sur le prix
La patine est un indice de datation autant qu’un critère de goût. Les patines vertes nuancées, typiques des fontes soignées du XIXe siècle, se négocient autour de 1 900 €, contre 1 100 € pour les autres. Les patines « médaille », fréquentes sur les éditions du XXe siècle, plafonnent à 400 €, et les bronzes dorés à 650 €. Un socle de marbre rapporté, souvent ajouté pour donner du volume à une petite fonte, tire le prix vers le bas, autour de 690 €. Les usures, accidents ou restaurations signalés ramènent le prix autour de 710 €, contre 1 400 € pour les épreuves en bon état.
Dessins : le cachet de la vente d’atelier
Les dessins de Barye passés en vente portent pour la plupart le cachet de la vente d’atelier de 1876, apposé en bas à gauche ou à droite et répertorié par Frits Lugt sous le numéro 220. Ce cachet authentifie la provenance mais ne tient pas lieu de signature : les études au crayon ou à la sanguine de lionnes, de tigres ou d’aigles se vendent entre 400 € et 900 € le plus souvent. Seules les compositions abouties sortent de cette fourchette.
Comment authentifier et expertiser un bronze d’Antoine-Louis Barye ?
Authentifier un bronze de Barye revient presque toujours à dater sa fonte, car l’attribution du modèle pose rarement problème. L’expert compare l’épreuve au catalogue raisonné de Michel Poletti et Alain Richarme (Gallimard, 2000), qui décrit chaque modèle avec ses dimensions et ses variantes. La lettre A y précède les sujets animaliers (A61 pour le Lion qui marche, A92 pour le Jaguar debout) et F les figures humaines (F10 pour le Guerrier tartare). L’ouvrage plus ancien de Stuart Pivar, The Barye Bronzes (1974), sert encore de référence complémentaire.
Les critères matériels de l’expertise
Nos commissaires-priseurs examinent d’abord les dimensions, au millimètre, en les confrontant au catalogue raisonné : un surmoulage est systématiquement plus petit que l’épreuve dont il a été tiré. Viennent ensuite le poids et l’épaisseur du métal, la netteté de la ciselure dans les zones difficiles (crinière, griffes, feuillage de la terrasse) et la présence de traces de montage anciennes. Le dessous de la terrasse est scruté pour ses marques, ses numéros et la couleur du métal nu. Une fonte ancienne montre un bronze rougeâtre et des reprises au burin, un surmoulage récent un métal gris ou jaune et des perçages mécaniques. Ces critères valent pour tous les bronzes d’édition ; nous les détaillons dans notre guide comment reconnaître un vrai bronze.
Les pièges à connaître : Alfred Barye et les « d’après »
Premier piège : Alfred Barye (1839-1882), fils du sculpteur. Il a produit ses propres modèles animaliers, souvent en collaboration avec Émile Guillemin, et signe « A. Barye » ou « Barye fils ». Ses bronzes se vendent autour de 400 € et ne doivent jamais être confondus avec ceux de son père. Deuxième piège : les bronzes « d’après » et les régules patinés, ainsi que les tigres en porcelaine produits au XXe siècle d’après ses modèles. Ils se vendent entre 200 € et 800 € dans la plupart des cas. NEO Enchères a ainsi présenté en 2024 un bas-relief de Tigre marchant portant une signature apocryphe, catalogué comme tel.

Dernier conseil : ne nettoyez jamais un bronze avant de le faire examiner. Une patine d’origine, même encrassée, est un élément de datation et de valeur ; un décapage ou un vernis récent peut lui faire perdre une bonne part de sa valeur.
Faire estimer un bronze d’Antoine-Louis Barye par nos experts
Vous possédez un bronze, un dessin ou un objet d’art d’Antoine-Louis Barye ? Notre étude vend régulièrement ses œuvres à Drouot et connaît dans le détail les fontes d’atelier, les éditions Barbedienne et Brame et les surmoulages qui circulent sous son nom.
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👉 Remplissez notre formulaire d’estimation gratuite en joignant :
- des photographies de face, de profil et de dos du bronze ;
- un cliché rapproché de la signature et de chaque marque visible sur la terrasse (fondeur, cachet or, estampille) ;
- une photographie du dessous de la terrasse, avec ses numéros frappés ou peints ;
- les dimensions exactes (hauteur, longueur et profondeur de la terrasse) et, si possible, le poids.
Un commissaire-priseur vous répond sous 48 heures avec une fourchette fondée sur les résultats réels du marché, sans engagement.
Une expertise physique dans nos bureaux si nécessaire
La densité d’une fonte, la finesse d’une ciselure ou la nature d’une patine s’apprécient mieux le bronze en main. Nous vous recevons sur rendez-vous dans nos bureaux parisiens, à Paris 6ᵉ Saint-Germain-des-Prés (7, rue d’Assas), Paris 8ᵉ Élysée (15, rue de Miromesnil) et Paris 15ᵉ Pasteur (6, rue Bargue). Nous nous déplaçons aussi en région pour les collections et les successions.
En vue d’une vente, nous gérons toute la logistique
Nous prenons en charge chaque étape jusqu’au règlement :
- enlèvement, transport et assurance ;
- rapport de condition ;
- photographies professionnelles de toutes les faces et de chaque marque ;
- catalogage précis de la fonte avec sa référence au catalogue raisonné ;
- diffusion auprès de nos acheteurs français et étrangers ;
- vente à Drouot ou dans nos salles.
Méthodologie d’analyse et sources des données d’estimation présentées
Les chiffres de cette page proviennent de notre base de données, constituée et vérifiée par l’étude. Elle agrège les adjudications de ventes publiques françaises, européennes et internationales, ainsi que les résultats propres de NEO Enchères. Pour Antoine-Louis Barye, deux sources ont été croisées : des résultats détaillés (prix marteau, dimensions, technique) et les notices complètes des catalogues, qui permettent d’identifier la fonte, les marques et l’état de chaque épreuve. Les doublons entre sources ont été supprimés. Les résultats publiés frais compris par certaines maisons ont été ramenés au prix marteau, et les adjudications en devises converties en euros.
Ont été écartés les invendus, les résultats non communiqués, les œuvres d’Alfred Barye, les épreuves « d’après », surmoulages, régules et porcelaines (analysés à part), les attributions incertaines et la documentation. Au total, 1 043 adjudications vendues entre février 2023 et septembre 2026 ont été retenues, dont 963 bronzes. La courbe d’évolution repose sur une même source suivie sans interruption depuis 2023. La classification des fontes repose sur les indications des catalogues (fondeur, cachet, estampille, époque) ; les bronzes sans description détaillée ont été laissés hors de cette analyse.
Sauf mention contraire, les prix sont des prix marteau, hors frais acheteur ; les résultats NEO Enchères sont indiqués frais compris. Les médianes sont préférées aux moyennes, et les fourchettes courantes correspondent aux prix réalisés hors extrêmes. Ces repères restent indicatifs : la fonte, la taille, la patine, l’état et la provenance d’une épreuve donnée peuvent la situer nettement au-dessus ou en dessous des valeurs publiées. Pour connaître la valeur de votre bronze de Barye, demandez une estimation gratuite à nos commissaires-priseurs.


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