[MARINE – MAROC – BOMBARDEMENT DE SALÉ]. DUBOURDIEU (Louis). - Lot 304

Lot 304
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[MARINE – MAROC – BOMBARDEMENT DE SALÉ]. DUBOURDIEU (Louis). - Lot 304
[MARINE – MAROC – BOMBARDEMENT DE SALÉ]. DUBOURDIEU (Louis). Manuscrit autographe signé et daté du 29 novembre 1851, 4 pages. Ordres du jour suivant de deux jours le bombardement de la ville de Salé par l’armée française qui intervint les 26 et 27 novembre 1851 en représailles au pillage de la cargaison d’un navire de marchandises échoué. L’absence de réponse à la demande de remboursement de ce stock entraîne une rupture des relations diplomatiques entre les deux pays. La France accuse les habitants de Salé de piraterie et nomme le contre-amiral Dubourdieu pour obtenir réparation par la force et pour l’exemple. A la suite du bombardement de Salé, Louis Dubourdieu fut promu Grand officier de la Légion d'honneur, puis vice-amiral en février 1852. Il rend ici compte du point de vue français sur l’attaque et salue l’attaque des soldats français. «Ordre du jour n°1 Aux commandants, officiers, maîtres et marins de la division expéditionnaire du Maroc. Mes chers et braves camarades, recevez tous l’expression de ma haute satisfaction pour votre admirable conduite dans l’attaque de Salé. J’attendais beaucoup de vous; ce que vous avez fait a dépassé mon espérance. Un seul vaisseau, aidé de deux frégates à vapeur, a soutenu pendant sept heures et demie le feu de deux places fortes. Méprisant le tir trop éloigné de Rabat, contre laquelle nous n’avions, d’ailleurs, aucun sujet de récrimination, nous nous sommes bornés à écraser la ville de Salé pour la punir de l’acte infâme de piraterie que ses habitants avaient commis envers un navire français et dont ils refusaient de nous accorder réparation. Avant d’entamer l’attaque, j’ai fait la part de l’humanité et j’ai attendu que la famille du Consul d’Angleterre et les Chrétiens présents sur les lieux eussent pris à bord du Caton l’azile que je leur avais offert. Cela fait, il ne me restait plus qu’à vous conduire au feu. Vous avez vaillamment combattu malgré les difficultés du roulis, nos excellents canonniers ont successivement démantelé toutes les défenses maritimes de Salé. La résistance a été digne de nos efforts, mais elle devait céder devant l’audace de vos manœuvres et la supériorité de votre tir. De 10 heures à cinq heures et demie, l’ennemi a riposté tant qu’il lui est resté un seul canon monté. Après l’extinction complète de son feu, j’ai fait continuer le nôtre pendant trois quarts d’heure encore pour bien constater notre succès et rendre plus grave le châtiment que nous infligions à cette ville de Pirates. Quand nous nous sommes retirés de notre position de combat, la lueur de l’incendie allumé dans la ville haute par nos obus témoignait de l’effet terrible de notre attaque. Après cette vigoureuse opération, les ordres du gouvernement français étaient accomplis: Il avait obtenu de gré ou de force la satisfaction qui lui était due. Braves du Henry IV, du Sané et du Gomer, la France vous sera reconnaissante d’avoir fait si dignement flotter son pavillon devant Salé. Quelques uns de mes frères d’armes ont rencontré une mort glorieuse: Honneur à leur mémoire! D’autres ont été blessés; ils seront signalés à la Bienveillance du gouvernement. Enfin j’appellerai sur les plus méritants parmi vous les justes récompenses qui leur sont dues. La faiblesse d’échantillon des deux avisos le Caton et le Narval, et la nécessité de me réserver des moyens de remorquage en cas d’avaries graves, m’ont déterminé (bien à contre coeur) à ne pas engager au feu ces deux petits navires. J'en exprime mes regrets et leurs équipages qui eussent été heureux de s'associer à nos efforts et de partager nos dangers. Votre affectionné et reconnaissant Commandant en chef. C. Amiral L. Dubourdieu Fait à bord du Henri IV, devant Tanger, le 29 novembre 1851. Ordre du jour n°2 L'Amiral porte à la connaissance de la division la communication suivante qu'il vient de recevoir du consul général chargé d'affaires de France au Maroc : “ Tout est fini avec Tanger. Les habitants réunis m’ont concédé toutes les satisfactions demandées. J'étais d'ailleurs modéré. Après Salé je pouvais l'être. J'ai alors promis en votre nom et ainsi que nous en étions convenus le salut à la ville. Cette promesse a rendu la respiration à tout le monde.” En conséquence, le contre-Amiral commandant en chef, après avoir été avisé par un signal de convention que les satisfactions exigées étaient accomplies, vient de faire saluer la ville de Tanger en son pavillon de 21 coups de canon qui nous ont été immédiatement rendus. Ce nouveau résultat est dû à l'impression produite par le beau fait d'armes de la Division ; il fait aussi le plus grand honneur à l'habileté et à la fermeté de notre digne représentant monsieur Bourrée que vous avez vu partager avec nous les dangers de l'attaque contre Salé. Le C.
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